la femme dont le mari est porté disparu, telle qu’elle fut tranchée par les califes bien guidés. Il est en effet authentiquement rapporté de ʿUmar ibn al-Khattâb qu’il fixa pour l’épouse du disparu un délai de quatre années, puis lui ordonna de se remarier. Si l’homme réapparaissait ensuite, ʿUmar lui laissait le choix : reprendre son épouse ou bien se contenter de sa dot. L’imâm Aḥmad se rangea à cette opinion et déclara : « J’ignore sur quoi peut bien s’appuyer celui qui s’en écarte. »
Abû Dâwûd affirme dans ses « Masâʾil » : « J’ai entendu Aḥmad – on lui demanda : “As-tu quelque réserve au sujet de la femme du disparu ?” – répondre : “Je n’en ai aucune ; cinq Compagnons du Messager d’Allah ﷺ lui ont prescrit d’attendre.” » Aḥmad ajouta : « C’est faire preuve d’étroitesse de savoir que de refuser de se prononcer sur le cas de l’épouse du disparu. »
Certaines autorités postérieures appartenant à l’école d’Aḥmad ont soutenu que la position de ʿUmar concernant le disparu contrevient au qiyâs ; selon l’analogie, elle demeure l’épouse du premier dans tous les cas, à moins d’admettre que la séparation opère tant extérieurement qu’intérieurement, lequel cas ferait d’elle en toutes circonstances l’épouse du second.
D’autres, plus radicaux dans leur opposition à ʿUmar, sont allés jusqu’à dire : « Si un juge statuait d’après l’avis de ʿUmar, son jugement devrait être cassé, tant il s’éloigne de l’analogie. »
Un troisième groupe a retenu une partie de l’avis de ʿUmar et en a délaissé une autre, affirmant : « Si la femme s’est remariée et que le second mari a consommé l’union, elle reste son épouse et ne retourne pas au premier ; si la consommation n’a pas eu lieu, elle est rendue au premier. »
Notre maître a dit : « Qui s’oppose à ʿUmar n’a pas été guidé vers ce à quoi ʿUmar a été guidé, ni ne possède sa maîtrise du qiyâs authentique. Cela apparaît clairement à travers un principe : lorsqu’une personne dispose du droit d’autrui sans son accord, le contrat ainsi conclu est-il immédiatement frappé de nullité ou bien reste-t-il en suspens jusqu’à ratification ? Deux avis célèbres existent à ce sujet, tous deux rapportés d’Aḥmad : »