Chapitre de l’attribution de la filiation 1113 – L’épouse n’acquiert le statut de firaash (couche maritale, c’est-à-dire la qualité grâce à laquelle l’enfant né d’elle est rattaché au mari) qu’après la consommation : Ibn al-Qayyim a dit : « Les juristes divergent sur la condition qui fait de l’épouse un firaash, et l’on compte trois opinions : 1. La première veut que le simple contrat suffise, même si l’on sait que l’époux n’a pas cohabité avec elle, voire s’il la répudie aussitôt, dans la même séance. Tel est l’avis d’Abû Ḥanîfa. 2. La deuxième exige le contrat accompagné de la seule possibilité d’un rapport intime ; c’est l’opinion d’al-Shâfiʿî et d’Aḥmad. 3. La troisième, retenue par Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya, réclame le contrat joint à une consommation effective, et non à une simple éventualité incertaine. Il précise qu’Aḥmad l’a insinué dans la version rapportée par Ḥarb : en effet, celui-ci déclare, à propos d’un homme qui répudie son épouse avant la consommation et qui renie l’enfant qu’elle met ensuite au monde, que l’enfant est écarté de sa filiation sans qu’il faille recourir au liʿân. « Tel est l’avis juste et indubitable. Comment, en effet, considérer qu’une femme devient firaash alors que le mari ne l’a pas pénétrée, n’a pas vécu avec elle et ne l’a pas encore accueillie dans son foyer, pour le seul motif d’une possibilité lointaine ? Dans l’usage et dans la langue, qualifie-t-on une femme de firaash avant la consommation ? Comment la Sharîʿa attribuerait-elle une filiation à un homme qui n’a ni consommé son mariage, ni partagé la couche de son épouse, ni même logé auprès d’elle, pour la seule raison qu’un tel fait serait envisageable ? Cette éventualité est d’ailleurs souvent tenue pour impossible selon les habitudes. Par conséquent, la femme ne devient firaash qu’après une consommation avérée. Et c’est Allah qui accorde le succès. « Ce qu’il a expressément affirmé dans la version de Ḥarb correspond aux principes et aux fondements mêmes de son madhhab. Allah est plus savant. » ⦗Zâd al-Maʿâd 5/415⦘
باب ما يلحق من النسب ١١١٣ - الزوجة لا تصير فراشا إلا بالدخول: - قال ابن القيم: (واختلف الفقهاء فيما تصير به الزوجة فراشًا، على ثلاثة أقوال: أحدها: أنه نفس العقد، وإن علم أنه لم يجتمع بها، بل لو طلقها عقيبه في المجلس، وهذا مذهب أبي حنيفة. والثاني: أنه العقد مع إمكان الوطء، وهذا مذهب الشافعي وأحمد. والثالث: أنه العقد مع الدخول المحقق، لا إمكانه المشكوك فيه، وهذا اختيار شيخ الإسلام ابن تيمية، وقال: إن أحمد أشار إليه في رواية حرب، فإنه نص في روايته فيمن طلق قبل البناء، وأتت امرأته بولد، فأنكره= أنه ينتفي عنه بغير لعان. وهذا هو الصحيح المجزوم به، وإلا فكيف تصير المرأة فراشًا، ولم يدخل بها الزوج، ولم يبن بها لمجرد إمكان بعيد؟ وهل يعد أهل العرف واللغة المرأة فراشا قبل البناء بها؟ وكيف تأتي الشريعة بإلحاق نسب بمن لم يبن بامرأته، ولا دخل بها، ولا اجتمع بها بمجرد إمكان ذلك؟ وهذا الإمكان قد يقطع بانتفائه عادة، فلا تصير المرأة فراشًا إلا بدخول محقق، وبالله التوفيق. وهذا الذي نص عليه في رواية حرب، هو الذي تقتضيه قواعده وأصول مذهبه، والله أعلم) [زاد المعاد ٥/ ٤١٥].