Chapitre du ẓihâr
1106 – S’il déclare à une femme étrangère : « Tu m’es aussi interdite que le dos de ma mère » :
— Ibn Mufliḥ dit : « Si l’on prononce cette formule de façon immédiate à l’égard d’une étrangère, le texte [de l’imâm Aḥmad] la juge valide ; et, s’il l’épouse par la suite, il ne pourra avoir de rapports avec elle avant de s’acquitter de l’expiation. D’autres estiment toutefois qu’elle n’est pas valable. Dans Al-Intiṣâr il est précisé que, par analogie, telle est l’opinion de l’école, comme pour le ṭalâq (la répudiation). Notre maître en rapporte également une version. La différence est que le ẓihâr constitue un serment, tandis que le ṭalâq dissout un contrat, ce qui n’a pas eu lieu ici. » ⦗Al-Furūʿ 5/490 (9/182)⦘.
1107 – Lorsqu’un homme prête serment en recourant au ẓihâr, à l’interdiction (ḥarâm), au ṭalâq ou à l’affranchissement, puis enfreint son serment :
— Ibn al-Qayyim a dit : « Il existe encore un autre avis : si l’intéressé formule l’interdiction de façon définitive, cela constitue un ẓihâr, même s’il visait par là le ṭalâq ; en revanche, s’il l’emploie comme serment, c’est un serment requérant l’expiation. Tel est le choix de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. » ⦗Iʿlām al-Muwaqqiʿīn 3/72⦘.
— Il a ajouté : « Treizième opinion : distinguer entre le fait d’énoncer l’interdiction de manière immédiate ou sous une condition voulue, et le fait de la formuler comme simple serment.
• Dans le premier cas, il s’agit d’un ẓihâr en toute hypothèse, même si l’auteur entendait le ṭalâq, voire s’il précisait : “J’entends par là le ṭalâq”.
• Dans le second cas, on est face à un serment qui impose l’expiation propre au serment. Ainsi, s’il dit : “Tu m’es interdite”, ou : “Lorsque le Ramadan commencera, tu m’es interdite”, c’est un ẓihâr. Mais s’il dit : “Si je voyage…”, ou : “Si je mange ce plat…”, ou : “Si tu parles à Untel… tu m’es interdite”, il s’agit d’un serment à expier.
Tel est le choix de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. » ⦗Zâd al-Maʿâd 5/306⦘.
باب الظهار
١١٠٦ - إذا قال لأجنبية: أنت عَلَيَّ كظهر أمي:
- قال ابن مفلح: (وإن نجَّزه لأجنبية فنصه: يصحُّ، ولم يطأ إن تزوَّج حتى يكفِّر، وقيل: لا يصحُّ، قال في «الانتصار»: هو قياس المذهب، كطلاق. وذكره شيخنا رواية، والفرق أنه يمين، والطلاق حل عقد، ولم يوجد) [الفروع ٥/ ٤٩٠ (٩/ ١٨٢)].
١١٠٧ - إذا حلف بظهار أو حرام أو طلاق أو عتق وحنث:
- قال ابن القيم: (وفي المسألة مذهب آخر وراء هذا كله، وهو: أنه إن أوقع التحريم كان ظهارًا، ولو نوى به الطلاق، وإن حلف به كان يمينًا مكفرة، وهذا اختيار شيخ الإسلام ابن تيمية) [إعلام الموقعين ٣/ ٧٢].
- وقال أيضا: (المذهب الثالث عشر: الفرق بين أن يوقع التحريم منجزًا، أو معلقًا تعليقًا مقصودًا، وبين أن يخرجه مخرج اليمين:
فالأول: ظهار، بكل حال، ولو نوى به الطلاق، ولو وصله بقوله: أعني به الطلاق.
والثاني: يمين، يلزمه به كفارة يمين، فإذا قال: أنت عليَّ حرام، أو إذا دخل رمضان فأنت علي حرام= فظهار.
وإذا قال: إن سافرت، أو: إن أكلت هذا الطعام، أو: كلمت فلانًا، فامرأتي علي حرام= فيمين مكفرة.
وهذا اختيار شيخ الإسلام ابن تيمية) [زاد المعاد ٥/ ٣٠٦].