Chapitre de l’îlâʾ (le serment d’abstinence sexuelle)
1105 – Question :
– Ibn Muflih dit : « L’îlâʾ consiste en ce qu’un époux — qu’il soit calme ou en colère, même avant la consommation du mariage — prête serment … par Allah ou par l’un de Ses attributs, car seuls ces serments entraînent la chute de l’action en justice et relèvent du liʿân (imprécation réciproque). D’après un autre avis rapporté de l’imâm : il est également constitué par tout serment soumis à une expiation, tels qu’un nadhar (vœu) ou un ẓihâr ; c’est l’opinion retenue par Abû Bakr. Une autre version rapporte encore qu’il en est de même lorsqu’il jure par l’affranchissement (ʿitq) ou par la répudiation (ṭalâq), en raison de l’utilité qui en résulte (1) ; ou, selon la version où il s’en abstient par pur esprit de nuisance, il n’est alors pas considéré comme muʾîl (auteur d’îlâʾ) ; telle est la position privilégiée par notre shaykh, qui en conclut qu’il s’agit dans ce cas d’un serment expiable auquel peut s’ajouter une clause d’exception. Il a par ailleurs déduit, sur la base de la première opinion, que le serment prêté par autre qu’Allah ou qu’un de Ses attributs est un serment vain, lorsqu’il porte sur le fait de s’abstenir de rapports conjugaux avec son épouse (2)."
(1) Dans sa Ḥâshiya ‘alâ al-Furû‘ (p. 150a), Ibn Nasr Allâh explique que, comme ces formules sont jugées « faibles » et n’impliquent pas la consommation du mariage (waṭʾ), on peut jurer « par le divorce » ou « par l’affranchissement », c’est-à-dire promettre de s’abstenir de consommer pendant un an ou une durée similaire. Un tel serment constitue un ilâʾ (serment d’abstinence) : l’engagement suffit à interdire la consommation, sans nuire à l’épouse, à l’instar d’un serment sur Allah. En revanche, si l’abstinence lui est préjudiciable, les savants divergent : selon l’avis le plus fondé, il s’agit toujours d’un ilâʾ et il n’est pas nécessaire de recourir au divorce ou à l’affranchissement pour produire cet effet ; selon l’autre, ce n’est pas un ilâʾ, mais dès qu’on jure par ces moyens l’interdiction devient contraignante, à l’image d’un serment sur Allah. Ibn Nasr Allâh note enfin que certains – notamment le commentateur d’al-Muḥarrar – rapportent ce récit sans la précision « pour son bien », si bien que deux versions circulent : soit tout serment de ce type équivaut à un ilâʾ, soit seul le serment spécifiant l’abstinence « pour le bien de l’épouse » en constitue un, l’abstinence préjudiciable n’étant alors pas considérée comme ilâʾ.
(2) Dans sa Ḥâshiya ‘alâ al-Furû‘, Ibn Qundus estime que l’on doit jurer par Allah de s’abstenir de consommer le mariage avec sa femme.
باب الإيلاء
١١٠٥ - مسألة:
- قال ابن مفلح: (وهو أن يحلف ــ في الرضا والغضب، ولو قبل الدخول ــ زوجٌ .... بالله أو صفة من صفاته، لاختصاص سقوط الدعوى بها، واختصاصها باللعان، وعنه: وبيمين مكفرة، كنذر وظهار، اختاره أبو بكر، وعنه: وبعتق وطلاق بأن يحلف بهما، لنفعها (١)، أو على رواية تركه ضرارا، ليس كمُولٍ، اختاره شيخنا وألزم عليه كونه يمينا مكفرة يدخلها الاستثناء، وخرج على الأولى أن الحلف بغير الله وصفته لغوٌ= على ترك وطء زوجتِه (٢)
(١) قال ابن نصر الله في «حاشيته على الفروع» (ل: ١٥٠/أ): (أي: لكونها ضعيفة لا تحمل الوطء، فيحلف بالطلاق أو بالعتق، أي: لا يطأها سنة أو نحوها، فهذا يكون إيلاء، يعني: أن اليمين بهما لا تكون إيلاء إلا أن يحلف بهما على ترك الوطء لنفعها بلا يمين لم يكن موليا بلا خلاف [كذا بالنسخة، وكأن في الكلام سقط [, فإذا التزمه باليمين بهما حصل بذلك امتناع من الوطء بسبب اليمين من غير ضرر لها فيكون كما لو حلف على ذلك بالله، وأما إذا ترك الوطء مضرا لها ففيه خلاف، هل هو كمول ــ وهو الأصح ــ أو لا؟ فعلى القول بأنه مول لا حاجة إلى الحلف بطلاق وعتق في ذلك لحصوله بدونهما، وعلى القول بأنه غير مول يصير بالحلف بهما موليا لامتناعه بهما من الوطء، أشبه الحلف بالله، وفيه نظر، وغير المصنف كصاحب «المحرر» وغيره يحكون هذه الرواية من غير تقييد لها بهذه الزيادة، يعني قوله: «بهما لنفعها»، فيكون في حكاية هذه الرواية طريقان: أحدهما: يصير بالحلف بهما موليا مطلقا، كالحلف بالله، والثانية: لا يكون بهما موليا إذا حلف بهما على ترك الوطء لنفعها، أو على رواية أن ترك الوطء مضرا ليس إيلاء).
(٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (التقدير: أن يحلف بالله على ترك وطء زوجته).