Chapitre de la reprise de la vie conjugale (ar-rujʿa) 1102 – Lorsque l’époux ne cherche pas la réconciliation : – Ibn Muflih rapporte : « Notre shaykh a dit : On ne permet la reprise de la vie conjugale qu’à celui qui désire réellement la conciliation et entend maintenir son épouse de manière convenable. S’il prononce malgré tout un nouveau divorce, les traditions en rapport (1) l’en déclarent illicite. Il a ajouté : Le Coran indique qu’il ne possède pas ce droit (2) et que, s’il l’exerçait, il ne vaudrait rien, tout comme lorsqu’il répudie une femme déjà séparée par un divorce définitif (ṭalâq bâ’in). Celui qui prétend que le Législateur a conféré à l’homme la maîtrise de ce qu’Il lui a pourtant interdit se contredit. » [Al-furûʿ 5/464 (9/151-152)] (3). 1103 – Obligation d’annoncer la reprise ou le congé et d’en prendre témoins : – Ibn Muflih dit : « Notre shaykh impose soit la proclamation de la reprise et du congé, soit la présence de témoins (4) »
(1) Dans sa Hachiya «ʿalā al-Furūʿ» (vol. 145/b), Ibn Nasr Allāh explique que «faw laṭallaqa» désigne l’époux qui ne cherche pas la réconciliation ; «idhān» renvoie à la rajʿiyya avant qu’elle n’exerce sa revenance pendant l’ʿiddah, si l’homme n’a pas l’intention de la reprendre pour une réconciliation ; dans ce cas, la femme est considérée comme une baʾīn (définitivement séparée) et son nouveau divorce ne la concerne plus. Quant à son expression «fī taḥrīmihī al-riwāyāt», elle désigne les récits relatifs au divorce prononcé deux ou trois fois, par une ou plusieurs paroles, en situation de ṭahūr ou par la suite, sans rujūʿ : la question est de savoir si ce procédé relève de la sunna ou de la bidʿa — selon qu’on regroupe les divorces pendant la même période de ṭahūr (innovation) ou qu’on les répartit en différentes périodes de ṭahūr (conformément à la sunna). Son propos est que, d’après le madhhab, la rujūʿ existe même sans intention de réconciliation, et non selon l’avis de ceux qui la nient dans ce cas ; dans cette hypothèse, la femme reste traitée en baʾīn et les nouvelles paroles de divorce ne lui sont plus applicables, comme il le précise explicitement. (2) Dans sa Hachiya «ʿalā al-Furūʿ» (vol. 146/a), Ibn Nasr Allāh précise que l’expression «al-Qurʾān yadullu annahu» signifie «celui qui ne veut pas la réconciliation», et que «lā yamlikuhu» désigne la répudiation. (3) Voir al-Ikhtiārāt d’al-Baʿlī, p. 395. (4) Dans la 2ᵉ édition, on lit «et la présence de témoins», mention également attestée dans la 1ʳᵉ édition et conforme à ce que rapporte al-Baʿlī dans al-Ikhtiārāt.
باب الرجعة ١١٠٢ - إذا لم يرد المطلق الإصلاح: - قال ابن مفلح: (وقال شيخنا: لا يُمَكَّن من الرجعة إلا من أراد إصلاحا وأمسك بمعروف، فلو طلق إذن ففي تحريمه الروايات (١)، وقال: القرآن يدل على أنه لا يملكه (٢)، وأنه لو أوقعه لم يقع، كما لو طلق البائن، ومن قال: إن الشارع ملك الإنسان ما حرمه عليه فقد تناقض) [الفروع ٥/ ٤٦٤ (٩/ ١٥١ - ١٥٢)] (٣). ١١٠٣ - إعلان الرجعة والتسريح والإشهاد عليهما: - قال ابن مفلح: (وألزم شيخنا بإعلان الرجعة والتسريح أو الإشهاد (٤)
(١) قال ابن نصر الله في «حاشيته على الفروع» (ل ١٤٥/ب): (قوله «فلو طلق» أي من لا يريد الإصلاح، قوله «إذن» أي الرجعية قبل ارتجاعها في زمن العدة إذا لم يرد بردها إصلاحا, فتكون حينئذ كالبائن فلا يلحقها طلاقه، وقوله «ففي تحريمه الروايات» أي: المذكورات فيما إذا طلق اثنتين أو ثلاثا بكلمة أو كلمات في طهر فما فوقه من غير مراجعة هل هو للسنة أو للبدعة أو الجمع في طهر للبدعة والتفريق في أطهار للسنة، ومراده أن ذلك على المذهب في أن له رجعتها ولو لم يرد الإصلاح لا على اختيار من أنه لا رجعة إذا لم يرد الإصلاح, فإنه عنده حينئذ بمنزلة البائن, فلا يلحقها طلاقه, كما صرح به). (٢) قال ابن نصر الله في «حاشيته على الفروع» (ل ١٤٦/أ): (قوله «القرآن يدل أنه» أي: من لا يريد الإصلاح، قوله: «لا يملكه» أي: الطلاق). (٣) انظر: «الاختيارات» للبعلي (٣٩٥). (٤) في ط ٢: (والإشهاد)، والمثبت من ط ١، وهو موافق لما في «الاختيارات» للبعلي.