Chapitre : Le divorce explicite et son insinuation 1084 – Formulation du divorce : – Ibn Mufliḥ déclare : « Le divorce explicite consiste dans le terme même ṭalâq, ainsi que dans toutes ses formes conjuguées, hors impératif et présent. D’après une autre version, la formule “anti muṭallaqa” (tu es divorcée) [w: m]. Certains ont soutenu que “ṭallaqtuki” (je t’ai divorcée) relève de l’allusion ; cela implique qu’elle peut être comprise soit comme un acte constitutif, soit comme une simple information. Si l’on retient la première hypothèse, c’est un acte constitutif. Le Qâḍî a d’ailleurs rappelé, au sujet de l’impératif, que les contrats légaux exprimés au passé sont de nature déclarative. Notre Shaykh précise : ces formules sont constitutives en ce qu’elles établissent la règle et la parachèvent, et informatives en ce qu’elles expriment le sens présent dans l’esprit. » [al-Furūʿ 5/378 (9/28)] (1) 1085 – S’il dit : « Si tu m’innocentes, tu es divorcée » : – Ibn Mufliḥ rapporte : « … Cela rejoint l’avis de notre Shaykh à propos du cas où le mari dit : “Si tu m’innocentes, tu es divorcée.” Elle répondit : “Qu’Allah t’innocente de ce que les femmes réclament aux hommes.” Lui crut que cette réponse constituait l’innocentation et prononça le divorce. Notre Shaykh juge qu’il est réellement innocenté. » [al-Furūʿ 5/386 (9/38)] (2) 1086 – Témoignage d’un triple divorce puis avis qu’il n’en est rien : – Ibn Mufliḥ indique : « Celui contre qui un témoignage a établi qu’il avait prononcé un triple divorce, mais qui reçoit ensuite une fatwa selon laquelle rien ne l’engage, n’est pas tenu par son propre aveu dès lors que le fondement de celui-ci est clarifié. Son serment est recevable lorsqu’il affirme que la base de son aveu reposait sur l’avis d’une personne aussi ignorante que lui. C’est ce qu’a signalé notre Shaykh. » [al-Furūʿ 5/392 (9/47)] (3)
(1) bayan al-dalil, p. 460 ; al-ikhtiyarat de al-ba‘lī, p. 368. (2) al-fatāwā, vol. 32, p. 352 ; al-ikhtiyarat de al-ba‘lī, p. 370. (3) al-ikhtiyarat de al-ba‘lī, p. 369 ; voir aussi al-fatāwā, vol. 34, p. 13.
باب صريح الطلاق وكنايته ١٠٨٤ - صيغة الطلاق: - قال ابن مفلح: (وصريحه: لفظ الطلاق، وما تصرف منه بغير أمر ومضارع، وعنه: أنت مطلقة «و: م»، وقيل: وطلقتُكِ كناية، فيتوجه عليه أنه يحتمل الإنشاء والخبر، وعلى الأول هو إنشاء، وذكر القاضي في مسألة الأمر أن العقود الشرعية بلفظ الماضي أخبار، وقال شيخنا: هذه الصيغ إنشاء من حيث إنها هي التي أثبتت الحكم وبها تم، وهي أخبار لدلالتها على المعنى الذي في النفس) [الفروع ٥/ ٣٧٨ (٩/ ٢٨)] (١). ١٠٨٥ - إذا قال: إن أبرأتني فأنت طالق: - قال ابن مفلح: ( ... ويوافق هذا ما قال شيخنا في: إن أبرأتِني فأنت طالقٌ، فقالت: أبرأكَ الله مما تَدَّعي النساء على الرجال، فظن أنه يبرأُ، فطلَّق، قال: يبرأ) [الفروع ٥/ ٣٨٦ (٩/ ٣٨)] (٢). ١٠٨٦ - إذا أشهد عليه بطلاق ثلاث، ثم أفتي بأنه لا شيء عليه: - قال ابن مفلح: (ومن أُشهِد عليه بطلاق ثلاث، ثم أُفتي بأنه لا شيء عليه، لم يؤاخذ بإقراره لمعرفة مستنده، ويقبل بيمينه أن مستنده في إقراره ذلك ممن يجهله مثله، ذكره شيخنا) [الفروع ٥/ ٣٩٢ (٩/ ٤٧)] (٣).
(١) «بيان الدليل» (٤٦٠)، «الاختيارات» للبعلي (٣٦٨). (٢) «الفتاوى» (٣٢/ ٣٥٢)، «الاختيارات» للبعلي (٣٧٠). (٣) «الاختيارات» للبعلي (٣٦٩)، وانظر: «الفتاوى» (٣٤/ ١٣).