Ibrâhîm ibn Saʿd rapporte, d’après son père, que Muḥammad ibn Isḥâq leur a dit : Dâwûd ibn al-Ḥuṣayn nous a rapporté d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs (qu’Allah l’agrée) : « Rukâna ibn ʿAbd Yazîd répudia son épouse trois fois d’un seul tenant. » C’est pour cette raison qu’Abû Dâwûd a donné la priorité au ḥadith de *al-batta* sur celui d’Ibn Jurayj ; toutefois, il n’a pas mentionné le présent récit ni ne l’a rapporté dans ses Sunan. Or, il ne fait aucun doute que cette version est la plus authentique des deux, et le ḥadith d’Ibn Jurayj lui sert de témoignage et de renfort.
Lorsqu’on joint le ḥadith d’Abû Ṣahbâʾ à celui d’Ibn Isḥâq puis à celui d’Ibn Jurayj — leurs points de départ diffèrent et leurs chaînes sont nombreuses —, on acquiert la certitude qu’ils l’emportent, sans conteste, sur le ḥadith de *al-batta*. Quiconque perçoit ne fût-ce que de loin le parfum de la science du ḥadith ne saurait en douter ; comment dès lors préférerait-on un récit faible, que les imâms ont déclaré tel et dont les transmetteurs sont inconnus, à ces traditions ?! ⦗Ighâthat al-lahfân, 1/469-470⦘
Ibn Mufliḥ a dit : « Notre Shaykh (Ibn Taymiyya) n’a pas fait entrer en vigueur le divorce prononcé pendant les menstrues ni celui proféré dans une période de pureté au cours de laquelle l’époux a eu un rapport ; en revanche, il ne fit compter qu’un seul divorce sur les trois énoncés, qu’ils aient été regroupés en une seule formule ou dispersés, tant qu’aucune reprise de vie conjugale (*rajʿa*) n’était intervenue.
Il a ajouté qu’il ne connaissait personne qui distingue entre ces deux cas ; il en a rapporté l’avis de son grand-père, car l’époux se trouve alors placé sous interdiction et l’acte n’est donc pas valable, à l’instar des contrats prohibés pour la préservation du droit d’Allah. Ibn ʿAqîl, dans al-Wâḍiḥ, a de même invalidé le divorce prononcé durant les menstrues, estimant que la défense (*nahy*) emporte corruption de l’acte.
Au sujet de la décision de ʿUmar de faire compter le triple divorce, il expliqua qu’il ne l’instaura (1) qu’en raison de leur usage excessif de cette pratique : il les sanctionna pour cet abus lorsqu’ils désobéirent en regroupant les trois répudiations. Il s’agissait d’une peine infligée à celui qui ne craint pas Allah, assimilable à un *taʿzîr* laissé à l’appréciation des imâms, tout comme on porta la peine du vin au-delà de quarante coups de fouet lorsque les gens s’y adonnèrent et l’exhibèrent, l’augmentation devenant alors permise à titre punitif ; puis cette
(1) Dans la première édition et dans le manuscrit (p. 293) : ja‘alahum ; lecture retenue dans la deuxième édition.
عن إبراهيم بن سعد حدثني أبي عن محمد بن إسحاق حدثنا داود بن الحصين عن عكرمة عن ابن عباس (رضي الله عنه) قال: طلق ركانة بن عبد يزيد امرأته ثلاثًا في مجلس واحد، فلهذا رجح أبو داود حديث البتة على حديث ابن جريج، ولم يتعرض لهذا الحديث، ولا رواه في «سننه»، ولا ريب أنه أصح من الحديثين، وحديث ابن جريج شاهد له وعاضد.
فإذا انضم حديث أبي الصهباء إلى حديث ابن إسحاق، إلى حديث ابن جريج ــ مع اختلاف مخارجها، وتعدد طرقها= أفادت العلم بأنها أقوى من حديث البتة، بلا شك، ولا يمكن من شم روائح الحديث ولو على بعد أن يرتاب في ذلك، فكيف يقدم الحديث الضعيف الذي ضعَّفه الأئمة ورواته مجاهيل على هذه الأحاديث؟ ! ) [إغاثة اللهفان ١/ ٤٦٩ ــ ٤٧٠].
- وقال ابن مفلح: (ولم يوقع شيخنا طلاق حائض، وفي طهر وطئ فيه، وأوقع من ثلاث مجموعة أو مفرقة قبل رجعة واحدة.
وقال: إنه لا يعلم أحدًا فرق بين الصورتين، وحكاه فيها عن جده؛ لأنه محجور عليه إذن فلا يصح، وكالعقود المحرمة لحق الله، ومنع ابن عقيل في «الواضح» في مسألة النهي وقوعه في حيض؛ لأن النهي للفساد.
وقال عن قول عمر في إيقاع الثلاث: إنما جعله (١) لإكثارهم منه، فعاقبهم على الإكثار منه لما عصوا بجمع الثلاث، فيكون عقوبة لمن لم يتق الله، من التعزير الذي يرجع فيه إلى اجتهاد الأئمة، كالزيادة على الأربعين في حد الخمر لما أكثر الناس منها وأظهروه ساغت الزيادة عقوبة، ثم هذه
(١) في ط ١ والمخطوط (ص: ٢٩٣): (جعلهم)، والمثبت من ط ٢.