qu’elle relève d’une autre catégorie ; telle est la portée explicite du texte, de l’analogie juridique et des propos des Compagnons.
Par ailleurs, celui qui s’attache à la réalité et à la finalité des contrats, sans se limiter à leurs formulations, considère le khulʿ comme une dissolution quelle que soit l’expression employée, fût-ce la formule même du ṭalāq. C’est l’un des deux avis rapportés des disciples d’Ahmad et c’est l’option retenue par notre Maître, qui souligne : « Telle est la teneur manifeste des paroles d’Ahmad, d’Ibn ʿAbbâs et de ses compagnons. » ⦗Zād al-Maʿâd 5/200⦘
– Ibn Mufliḥ poursuit : « Le khulʿ, lorsqu’il est prononcé par une formule explicite de divorce ou avec l’intention d’un divorce irrévocable, est considéré comme tel. D’après une autre transmission, cela vaut de façon absolue ; certains ont même soutenu l’inverse. Notre Maître commente : les propos d’Ahmad et de ses premiers élèves l’attestent, et il vise par là ce qu’ʿAbd Allâh rapporte : “J’ai vu mon père se ranger à l’avis d’Ibn ʿAbbâs.” Or il est authentiquement établi d’Ibn ʿAbbâs : “Ce qui obtient l’agrément par un paiement n’est pas un divorce”, et encore : “Le khulʿ est une séparation, non un divorce.” » ⦗Al-Furūʿ 5/346 (8/421)⦘ (1)
1062 – Lorsque le khulʿ est conclu sans contrepartie ou au moyen d’un bien illicite :
– Ibn al-Qayyim déclare : « L’avis correct est que le droit à la rajʿa (revivocation) appartient à Allah ; les deux époux n’ont donc pas le pouvoir de s’entendre pour y renoncer. L’homme n’a pas davantage le droit de prononcer un divorce irrévocable, même si l’épouse y consent, pas plus qu’ils ne peuvent convenir d’une dissolution du mariage sans compensation.
Si l’on objecte : “Comment le khulʿ sans contrepartie est-il alors admis, selon l’un des deux avis, chez Mâlik et Ahmad ? N’est-ce pas justement un accord des époux pour rompre le mariage gratuitement ?”
La réponse est que, chez Ahmad, la permission sans contrepartie – selon l’une des deux transmissions – ne vaut que lorsque l’acte est qualifié de ṭalāq ; s’il est qualifié de fasḫ (dissolution), elle est unanimement refusée. C’est ce qu’a précisé notre Maître (qu’Allah lui fasse miséricorde), ajoutant : « Et si cela était admissible… »
(1) Al-Fatâwâ, t. 32, p. 289-315 ; t. 33, p. 153 ; al-Ikhtiyârât d’al-Ba‘lî, p. 361.
على أنها من غير جنسه، فهذا مقتضى النص، والقياس، وأقوال الصحابة.
ثم، من نظر إلى حقائق العقود ومقاصدها، دون ألفاظها: يعد الخلع فسخًا بأي لفظ كان، حتى بلفظ الطلاق، وهذا أحد الوجهين لأصحاب أحمد، وهو اختيار شيخنا، قال: وهذا ظاهر كلام أحمد، وكلام ابن عباس وأصحابه) [زاد المعاد ٥/ ٢٠٠].
- وقال ابن مفلح: (وهو بصريح طلاق أو نيته طلاق بائن، وعنه: مطلقا، وقيل: عكسه، قال شيخنا: وعليه دل كلام أحمد وقدماء أصحابه، ومراده ما قال عبد الله: رأيت أبي كان يذهب إلى قول ابن عباس، وابن عباس صح عنه: ما أجازه المال فليس بطلاق، وصح عنه: الخلع تفريق وليس بطلاق) [الفروع ٥/ ٣٤٦ (٨/ ٤٢١)] (١).
١٠٦٢ - إذا خالع بلا عوض أو بمحرم:
- قال ابن القيم: (والصواب: أن الرجعة حق لله تعالى، ليس لهما أن يتفقا على إسقاطها، وليس له أن يطلقها بائنة، ولو رضيت الزوجة، كما أنه: ليس لهما أن يتراضيا بفسخ النكاح بلا عوض.
فإن قيل: فكيف يجوز الخلع بغير عوض، في أحد القولين، في مذهب مالك وأحمد؟ وهل هذا إلا اتفاق من الزوجين على فسخ النكاح بغير عوض؟
قيل: إنما يُجَوِّز أحمد في إحدى الروايتين بلا عوض إذا كان طلاقا، فأما إذا كان فسخا فلا يجوز بالاتفاق، قاله شيخنا (رحمه الله)، قال: ولو جاز هذا:
(١) «الفتاوى» (٣٢/ ٢٨٩ - ٣١٥؛ ٣٣/ ١٥٣)، «الاختيارات» للبعلي (٣٦١).