et elle en est devenue débitrice pour une cause – à savoir qu’elle a elle-même corrompu le mariage –, et il a invoqué à l’appui le cas de la mukhtaliʿa (l’épouse qui réclame le khulʿ) puisqu’elle est à l’origine de la rupture.
Il a également dit : Quant à la femme ayant eu recours au liʿān (l’imprécation mutuelle), elle n’a pas vicié le lien conjugal ; elle peut se repentir et demeurer avec son mari. Du reste, le fait qu’il soit permis d’empêcher une fornicatrice de se remarier montre qu’il possède un droit sur sa dot lorsqu’elle a effectivement ruiné leur union.
Il a encore précisé qu’en matière de recours du mari pour récupérer la dot auprès du trompeur dans un mariage invalide, ou lorsque l’épouse se révèle porteuse d’un défaut, ou qu’elle a dissimulé ses imperfections, ou encore quand quelqu’un a fait capoter le mariage (1) – et dans les cas analogues – deux versions sont rapportées. Cela repose sur la question de savoir si la perte du buḍʿ (la jouissance sexuelle) est un préjudice indemnisable. Il a jugé cette position correcte et la majorité de ses textes l’attestent. Il s’est par ailleurs appuyé sur le verset selon lequel, lorsque l’épouse musulmane apostasie, son mari récupère la dot, de même que le contractant non musulman (2) qui avait posé comme condition le retour de la femme : si celle-ci ne revient pas, il recouvre la dot fixée par contrat et non la dot usuelle.
Al-Qâḍî et plusieurs savants ont affirmé que le versement de la dot, son prélèvement sur les infidèles, le dédommagement du mari à partir du butin, ou encore la restitution d’une dot aux gens en guerre, tout cela est abrogé ; Aḥmad l’a explicitement déclaré.
Notre shaykh a répondu que cela constitue l’une des deux narrations. Le verset indique, en effet, que si une femme embrasse l’islam puis émigre, ou si elle apostasie et se réfugie chez les infidèles, son mari a droit à ce qu’il a dépensé. Il incombe donc à la femme migrante aisée de le rembourser ; à défaut, la communauté en assume la charge, à l’instar de la rançon d’un prisonnier, n’était le pacte conclu avec eux, établi dans l’intérêt général, afin d’empêcher l’époux musulman de retenir sa femme et de la dissuader de les rejoindre. Ainsi, la dot lui est due au titre des intérêts publics. On pourrait également dire qu’elle peut, en cas de besoin, être prélevée sur les quatre-cinquièmes du butin, puisque les ennemis l’ont obtenue grâce au traité ; le mari est alors assimilé à quelqu’un auquel on restitue son bien. C’est pour cette raison que ʿUthmân demeura auprès de Ruqayya le jour de Badr et reçut une part, ce qui permit au Prophète ﷺ de partir en expédition. Le Prophète ne réclama la dot qu’aux détenteurs d’un pacte et il la remit à celui dont l’épouse avait apostasié, et il n’a pas