du contrat du fait de l’impossibilité de livrer l’objet convenu, il faut, à tout le moins, reconnaître à l’épouse le droit de résiliation, car elle n’a consenti au mariage ni rendu licite son intimité qu’à cette condition. Or certains objectent : « La dot n’est pas une finalité essentielle. » — Nous répondons : toute clause vise un objectif, et la dot est, à cet égard, plus impérative que le prix d’une vente. Dans le mariage, en effet, les deux époux sont à la fois sujets et parties au contrat, contrairement à la vente où les contractants ne sont pas la marchandise. Dès lors, si la condition fait défaut, la femme a le choix entre rompre l’union ou exiger un équivalent, comme pour un vice affectant une marchandise ; cependant, ici, l’objet du contrat — les deux époux — subsiste : ce qui manque n’est qu’une partie de cet objet, assimilable à un défaut dans le bien vendu.
Si la clause est nulle et que celui qui l’a posée ignorait sa nullité (1), le contrat n’est pas obligatoire : s’il se satisfait sans la clause, le mariage persiste ; sinon, il peut le résilier. Obliger quelqu’un à un contrat qu’il n’a pas agréé et que la Loi ne lui impose pas contredit les fondements mêmes de la sharīʿa et de la justice. [al-Furūʿ 5/264-265 (8/320-322)] (2)
1020 – Lorsqu’une dot est convenue en secret et une autre rendue publique :
– Ibn al-Qayyim rapporte : « D’après la version d’al-Athram, si un homme fixe une dot en secret et une autre publiquement, on retient celle annoncée publiquement dès lors qu’il l’a reconnue. — On lui demanda : “Mais il a fait attester d’autres témoins, en secret, d’un montant différent !” Il répondit : “Et alors ? Ne l’a-t-il pas également reconnu devant d’autres témoins ? C’est la dot publique qui prévaut.” »
Notre shaykh commente : L’expression « il l’a reconnue » signifie qu’il l’a acceptée et s’y est engagé, conformément à la parole d’Allah — exalté soit-Il : « Vous engagez-vous et acceptez-vous à cet effet Mon pacte solennel ? » (Al-ʿImrân, 81). Ce verset englobe aussi bien la mention de la dot lors de la conclusion du mariage que la reconnaissance postérieure. Ainsi dit-on : « Il a reconnu la jizya », « Il a reconnu son obéissance au sultan » ; et c’est