La teneur apparente du Coran indique que, lorsque la jouissance charnelle (*buḍʿ*) sort de la propriété du mari, elle possède une valeur patrimoniale. J’ai dit (1) : Cela se vérifie du fait que la Loi, tout comme elle a reconnu à ce droit une valeur lors de son entrée dans la propriété du mari, lui en reconnaît une lors de sa sortie ; en effet, il n’est entré chez le mari qu’en contrepartie d’un prix. De plus, le jugement rendu par les Compagnons — qu’Allah les agrée — dans le cas de l’époux disparu, lorsqu’ils décidèrent de restituer la dot à ce dernier après que l’épouse eut consommé le mariage avec un second mari, prouve que ce droit demeure évalué quand il quitte sa propriété. Ce verdict est rapporté de cinq Compagnons, parmi lesquels ‘Umar et ‘Alî. Ahmad a dit : Que peut bien avancer celui qui s’oppose à eux ? Le Coran, la sunna et les paroles des califes bien-guidés attestent tous de sa valeur marchande. S’il n’en avait aucune, il ne serait pas licite d’y engager d’immenses richesses ; or, aux yeux des gens, sa valeur compte parmi les plus élevées, leur désir parmi les plus ardents, et sa perte pour l’homme constitue l’un des plus grands préjudices, au point d’être estimée plus lourde que la perte d’un bien matériel. J’ai dit à notre shaykh : Si sa sortie de la propriété du mari avait vraiment une valeur pécuniaire, alors, lorsque la femme est pénétrée à la suite d’une ambiguïté légale, la dot devrait revenir au mari et non à elle. Or, puisque la dot lui appartient, cela montre que le mari ne possède pas le *buḍʿ* en tant que tel, mais uniquement le droit d’en jouir ; dès lors, lorsque le *buḍʿ* lui échappe, il ne perd rien qui fût véritablement sa propriété. Il me répondit : Le mari ne possède le *buḍʿ* que pour en jouir, non pour en exiger une contrepartie. Ainsi, si elle obtient une indemnisation à la suite d’un rapport entaché d’ambiguïté légale, celle-ci lui revient à elle, car le contrat de mariage n’a pas prévu que le mari détienne le droit de réclamer une compensation pour le *buḍʿ* de son épouse. L’indemnité versée par l’auteur de l’acte s’assimile donc aux autres dédommagements prévus pour les atteintes corporelles.
(1) Auteur : Ibn al-Qayyim.
ظاهر القرآن، يدل على أن خروج البضع من ملك الزوج متقوم. قلت (١): ويدل عليه، أن الشارع كما جعله متقومًا في دخوله، فكذلك في خروجه، لأنه لم يدخله إلى ملك الزوج إلا بقيمة، وحكمُ الصحابة (رضي الله عنها) في المفقود، بما حكموا به من رد صداق امرأته إليه بعد دخول الثاني بها= دليلٌ على أنه متقوم في خروجه، وهذا ثابت عن خمسة من الصحابة، منهم عمر وعلي. قال أحمد: أي شيء يذهب من خالفهم؟ فهذا القرآن والسنة وأقوال الخلفاء الراشدين دالة على تقويمه، ولو لم يكن له قيمة لما صح بذل نفائس الأموال فيه، بل قيمته عند الناس من أغلى القيم، ورغبتهم فيه من أقوى الرغبات، وخروجه عن ملك الرجل من أعظم المغارم، حتى يعده غرمًا أعظم من غرم المال. قلت لشيخنا: لو كان خروجه من ملكه متقومًا عليه لكانت المرأة إذا وطئت بشبهة، يكون المهر للزوج دونها، فحيث كان المهر لها دل على أن الزوج لم يملك البضع، وإنما يملك الاستمتاع، فإذا خرج البضع عنه لم يخرج عنه شيء كان مالكه؟ فقال لي: الزوج إنما ملك البضع ليستمتع به، ولم يملكه ليعاوض عليه، فإذا حصل لها بوطء الشبهة عوض كان لها، لأن عقد النكاح لم يقتض ملك الزوج المعاوضة عن بضع امرأته، فصار ما يحصل لها بجناية الواطئ بمثابة ما يحصل لها بغيره من أروش الجنايات.
(١) القائل: ابن القيم.