Et lorsque le Prophète (paix et bénédiction sur lui) conquit La Mecque, les femmes des Ṭulaqâʾ (les graciés) embrassèrent l’islam, tandis que la conversion d’un certain nombre d’hommes parmi eux – tels que Safwân ibn Umayya, ʿIkrima ibn Abî Jahl et d’autres – fut retardée de deux, trois mois, voire davantage. Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) ne fit aucune distinction entre ce qui se passa avant l’expiration de la ʿidda et ce qui se produisit après. ʿAlî ibn Abî Tâlib (qu’Allah l’agrée) donna même une fatwa selon laquelle l’épouse devait être rendue à son mari, fût-ce après un long intervalle. ʿIkrima ibn Abî Jahl rejoignit le Prophète (paix et bénédiction sur lui) à Médine après le retour de celui-ci du siège de Tâʾif et la répartition du butin de Ḥunayn, au mois de Dhû al-Qaʿda, alors que la conquête de La Mecque s’était déroulée en Ramadan. Cela représente donc environ trois mois, laps suffisant pour que la ʿidda prenne fin, voire moins. Pourtant, il maintint leur union conjugale et ne demanda pas à son épouse si sa ʿidda était terminée ou non ; il ne posa cette question à aucune femme, alors que nombre d’entre elles s’étaient converties après un délai susceptible de voir la ʿidda expirer. Safwân ibn Umayya, quant à lui, participa avec le Prophète (paix et bénédiction sur lui) à Ḥunayn alors qu’il était encore polythéiste, puis l’accompagna à Tâʾif dans le même état, jusqu’à ce que le butin de Ḥunayn fût partagé, soit près de deux mois après la conquête : La Mecque fut prise le 20 Ramadan, et le butin de Ḥunayn distribué en Dhû al-Qaʿda. Or un tel délai suffit également pour que la ʿidda s’achève. Il ajouta : En définitive, si le retour de l’épouse auprès de son mari n’avait été valide qu’après l’écoulement de la ʿidda, tel aurait été l’enseignement législatif apporté par le Prophète (paix et bénédiction sur lui) et il aurait été nécessaire de l’exposer aux gens dès cette époque, car ils en avaient alors le plus grand besoin. L’ensemble de ces éléments, joint au hadith de Zaynab, montre que lorsque la femme se convertit et que son mari refuse l’islam, elle peut patienter et attendre sa conversion ; si elle choisit de demeurer dans cette attente, puis qu’il embrasse l’islam, elle peut rester avec lui, comme le faisaient les femmes à l’époque du Prophète (paix et bénédiction sur lui) – telle sa fille Zaynab et d’autres. Toutefois, il ne peut avoir de rapports intimes avec elle ; il n’a sur elle ni autorité juridique, ni obligation d’entretien, ni droit de partage des nuitées. L’affaire dépend entièrement de sa volonté à elle, non de la sienne : dans cette situation, il n’est pas, à tous égards, un mari possédant pleinement le lien conjugal. Et, lorsqu’il se convertit, il n’a pas besoin de conclure un nouveau contrat impliquant tuteur, témoins, dot et acte ; sa conversion même tient lieu de tout cela.
ولما فتح النبي ﷺ مكة أسلم نساء الطلقاء، وتأخر إسلام جماعة منهم ــ مثل: صفوان بن أمية وعكرمة بن أبي جهل وغيرهما ــ الشهرين والثلاثة وأكثر، ولم يذكر النبي ﷺ فرقا بين ما قبل انقضاء العدة وما بعدها، وقد أفتى علي بن أبي طالب (رضي الله عنه) بأنها ترد إليه وإن طال الزمان، وعكرمة بن أبي جهل قدم على النبي ﷺ المدينة بعد رجوعه من حصار الطائف وقسم غنائم حنين في ذي القعدة، وكان فتح مكة في رمضان، فهذا نحو ثلاثة أشهر يمكن انقضاء العدة فيها وفيما دونها، فأبقاه على نكاحه ولم يسأل امرأته هل انقضت عدتك أم لا؟ ولا سأل عن ذلك امرأة واحدة مع أن كثيرا منهن أسلم بعد مدة يجوز انقضاء العدة فيها، وصفوان بن أمية شهد مع النبي ﷺ حنينا وهو مشرك، وشهد معه الطائف كذلك، إلى أن قسم غنائم حنين بعد الفتح بقريب من شهرين، فإن مكة فتحت لعشر بقين من رمضان، وغنائم حنين قسمت في ذي القعدة، ويجوز انقضاء العدة في مثل هذه المدة. قال: وبالجملة فتجديد رد المرأة على زوجها بانقضاء العدة لو كان هو شرعه الذي جاء به لكان هذا مما يجب بيانه للناس من قبل ذلك الوقت، فإنهم أحوج ما كانوا إلى بيانه، وهذا كله مع حديث زينب يدل على أن المرأة إذا أسلمت وامتنع زوجها من الإسلام فلها أن تتربص وتنتظر إسلامه، فإذا اختارت أن تقيم منتظرة لإسلامه فإذا أسلم أقامت معه فلها ذلك، كما كان النساء يفعلن في عهد النبي ﷺ ، كزينب ابنته وغيرها، ولكن لا يمكنه من وطئها ولا حكم له عليها ولا نفقة ولا قسم، والأمر في ذلك إليها لا إليه، فليس هو في هذه الحال زوجا مالكا لعصمتها من كل وجه، ولا يحتاج إذا أسلم إلى ابتداء عقد يحتاج فيه إلى ولي وشهود ومهر وعقد، بل إسلامه