Le shaykh Taqî al-Dîn déclara : « Ibn ʿAqîl a bien parlé, et c’est également la voie suivie par Abû Bakr. En effet, il ne s’agit pas d’un retard de l’acceptation (*qabûl*) au-delà de la séance, mais seulement d’un retard de la ratification (*ijâza*). Le contrat s’est conclu dès la parole : “Je l’ai donnée en mariage à Untel”, de sorte qu’une seule personne a assumé les deux pôles de l’acte, même si, pour l’un d’eux, elle intervenait à titre de *faḍûlî* (tiers non mandaté) ; cela apparaît d’autant plus clairement si l’on considère que la demande qu’ils lui ont faite : “Mariez Untel”, équivaut, de leur part, à une acceptation anticipée, eux-mêmes se trouvant alors dans la position de *faḍûlîs*.
Il ajouta : On peut encore dire que, si l’autre contractant est présent, son acceptation est requise ; mais, s’il est absent, il est permis de différer celle-ci après la séance, comme nous l’avons admis pour la nomination d’un juge (*wilâya al-qaḍâʾ*). Nos condisciples ont, par ailleurs, affirmé à propos du mandat (*wakâla*) que son acceptation peut être immédiate ou différée, tandis que, pour la nomination du juge, ils distinguent la présence ou l’absence du mandant ; or la *wilâya* n’est qu’une forme particulière de *wakâla*.
Il dit encore : L’affaire rapportée par Abû Ṭâlib et la parole d’Abû Bakr concernent le cas où l’époux n’était pas présent lors de la séance d’offre (*ijâb*) ; voilà qui est plus satisfaisant. En revanche, si les parties se séparent après cette séance, rien, dans les propos d’Aḥmad ni d’Abû Bakr, n’autorise pareille pratique, et c’est également ce qu’indique Al-Mujarrad. Fin de citation. [Al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 1/258-259] (1)
– Il ajouta encore : Le Qâḍî, dans Al-Mujarrad, et Ibn ʿAqîl, dans Al-Fuṣûl, rapportent, dans la suite de la narration d’Abû Ṭâlib, que l’époux déclara : « J’accepte » ; le contrat est alors valide pourvu que deux témoins soient présents.
Shaykh Taqî al-Dîn commente : Cela implique que la ratification d’un contrat suspendu (*ʿaqd mawqûf*), si l’on admet qu’il est déjà formé, requiert – comme le contrat initial – la présence de deux témoins, et c’est là un raisonnement correct et pertinent, car l’acte ne se parachève que grâce à eux. Il en va autrement de l’autorisation donnée au tuteur : celle-ci est une condition destinée à parachever le contrat, tandis que la présence des témoins concerne l’essence même du nikâḥ, non ses conditions accessoires. [Al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 1/259] (2)
(1) Voir : al-Fatāwā, vol. 21, p. 139-140 ; vol. 13, p. 411.
(2) al-Ikhtiyārāt, pp. 293-294.
قال الشيخ تقي الدين: قد أحسن ابن عقيل، وهو طريقة أبي بكر، فإن هذا ليس تراخيًا للقبول عن المجلس، وإنما هو تراخ للإجازة، والعقد انعقد بقوله: زوجت فلانًا، فيكون قد تولى واحد طرفي العقد، وإن كان في أحدهما فضوليًا، لا سيما إن جعل قول أولئك له: زوج فلانًا، قبولًا منهم متقدمًا، هم فيه فضوليون.
قال: ويجوز أن يقال: إن العاقد الآخر إن كان حاضرًا اعتبر قبوله، وإن كان غائبًا جاز تراخي القبول عن المجلس، كما قلنا في ولاية القضاء، مع أن أصحابنا قد قالوا في الوكالة: إنه يجوز قبولها على الفور والتراخي، وفي ولاية القضاء فرقوا بين حضور المولى وغيبته، وإنما الولاية نوع من جنس الوكالة.
وقال أيضًا: مسألة أبي طالب وكلام أبي بكر، فيما إذا لم يكن الزوج حاضرًا في مجلس الإيجاب، وهذا أحسن، أما إذا تفرقا عن مجلس الإيجاب: فليس في كلام أحمد وأبي بكر ما يدل على ذلك، وكذلك قال في «المجرد». انتهى كلامه) [النكت على المحرر ١/ ٢٥٨ - ٢٥٩] (١).
- وقال أيضا: (وذكر القاضي في «المجرد» وابن عقيل في «الفصول» في تتمة رواية أبي طالب المذكورة، فقال: قد قبلت، صح إذا حضره شاهدان.
قال الشيخ تقي الدين: وهو يقتضي أن إجازة العقد الموقوف إذا قلنا بانعقاده يفتقر إلى شاهدين كأصله، وهو مستقيم حسن، لأن العقد إنما يتم بهما، بخلاف الإذن للولي، فإنه شرط العقد لإتمام العقد، والشهادة معتبرة في نفس النكاح، لا في شروطه) [النكت على المحرر ١/ ٢٥٩] (٢).
(١) انظر: «الفتاوى» (٢١/ ١٣٩ - ١٤٠؛ ١٣/ ٤١١).
(٢) «الاختيارات» (٢٩٣ - ٢٩٤).