mais son propos peut se comprendre aussi bien des fiançailles que du contrat. Par analogie avec notre position, le mariage n’est donc pas valable en pareil cas tant qu’il n’a pas déclaré : « Je t’ai effectivement donnée en mariage », puis que le premier réponde : « J’accepte », car il a érigé l’acceptation en principe et relégué la proposition au rang de simple conséquence, en formulant celle-ci au moyen d’un verbe au mode inaccompli à valeur future. Quant à ceux qui permettent que l’acceptation précède la proposition, ils jugent le contrat valide. [Al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 1/256-257] – Il ajouta : « Le Qâḍî a rapporté, dans la version d’Abû Ṭâlib, l’affaire d’un homme auprès duquel des gens se rendirent et dirent : “Mariez Untel.” Il répondit : “Je l’ai marié pour mille.” Ils retournèrent alors vers le futur époux et l’en informèrent ; celui-ci déclara : “J’accepte.” – Est-ce un mariage valable ? demanda-t-on. – Oui, répondit-il. Le sens apparent indique qu’il a déclaré le contrat valide alors même que les parties s’étaient dispersées après la séance du mariage. On comprend cela dans le sens où l’époux avait déjà mandaté quelqu’un pour contracter en son nom, puis, une fois informé, il a ratifié l’acte. Abû Bakr écrit dans Al-Muqniʿ : “Le cas rapporté par Abû Ṭâlib se prête à deux opinions. La première : le contrat n’est pas permis à moins que le tuteur, l’époux et les témoins ne soient réunis dans une même séance. Il ajoute : mais selon la lettre même du cas d’Abû Ṭâlib, le contrat est permis, et c’est ce premier avis que je retiens.” Ibn ʿAqîl dit : “Cela implique que le mariage suspendu (*nikâḥ mawqûf*) est valide, tandis que notre shaykh (1) a interprété la question en estimant que l’époux avait donné procuration pour exprimer son acceptation. Or il n’y a aucune raison d’abandonner le sens apparent des paroles de l’homme ; la narration est explicite, et l’on ne peut déroger à son sens manifeste sans preuve issue de son propre contexte, et non d’un autre, car si nous devions écarter le sens clair d’un récit par un autre, il ne nous resterait plus, dans l’école, deux récits distincts (2) !”
(1) Il s'agit du qadi Abu Yala ; le propos qui suit émane d'Ibn Aqil. (2) Dans al-Furu' (vol. 4, p. 340), Ibn Muflih rapporte qu'Ibn Aqil déclarait : « C'est l'habitude de notre maître d'interpréter tout passage rare des propos d'Ahmad selon son sens le plus manifeste, en écartant toute autre lecture. Il convient de considérer chaque terme comme une riwaya (transmission) et de corriger ce qui est sahih (authentique). » Al-Azji ajoute : « On doit fonder le madhhab sur cette méthode afin que la doctrine ne repose pas sur une unique transmission. »
كلامه محتمل للخطبة والعقد، فقياس قولنا: أن لا يصح هنا، حتى يقول ذلك: قد زوجتك، ثم يقول الأول: قبلت، لأنه جعل القبول أصلا والإيجاب تبعا، وجعل الإيجاب بلفظة المضارعة المستقبلة، ومن جوَّز تقدم القبول على الإيجاب صحَّحه) [النكت على المحرر ١/ ٢٥٦ - ٢٥٧]. - وقال أيضًا: (قال القاضي: قد علق القول في رواية أبي طالب في رجل مشى إليه قوم، فقالوا: زوج فلانًا، فقال: فقد زوجته على ألف، فرجعوا إلى الزوج فأخبروه فقال: قد قبلت= هل يكون هذا نكاحًا؟ قال: نعم. قال: وظاهر هذا: أنه حكم بصحته بعد التفرق عن مجلس العقد. قال: وهذا محمول على أنه قد كان وكل من قبل العقد عنه، ثم أخبر بذلك فأمضاه. وقال أبو بكر في كتاب «المقنع»: مسألة أبي طالب متوجهة على قولين: أحدهما: لا يجوز باتفاق الولي والزوج والشهود في مجلس واحد، قال: وعلى ظاهر مسألة أبي طالب: يجوز، وبالأول أقول. وقال ابن عقيل: وهذا يعطي أن النكاح الموقوف صحيح، وشيخنا (١) حمل المسألة على أنه وكل ذلك في قبوله، ولا وجه لترك ظاهر كلام الرجل، والرواية ظاهرة، ولا يترك ظاهرها بغير دلالة من كلامه فيها، لا في غيرها، لأنا لو صرفنا رواية عن ظاهرها برواية لم يبق لنا في المذهب روايتان (٢)!
(١) هو القاضي أبو يعلى، والكلام متصل لابن عقيل. (٢) قال ابن مفلح في «الفروع» (٤/ ٣٤٠): (قال ابن عقيل: هذا دأب شيخنا أن يحمل النادر من كلام أحمد ﵁ على أظهره، ويصرفه عن ظاهره، والواجب أن يقال: كل لفظ رواية ونصحح الصحيح. قال الأزجي: ينبغي أن يعول في المذهب على هذا، لئلا يصير المذهب رواية واحدة) ا. هـ.