mais il s’agit bel et bien de la parole des créatures, laquelle est créée, tandis que la Parole d’Allah est incréée. Quant à « Sa Parole », elle correspond à ce qu’Il a Lui-même énoncé : Sa législation, Sa permission et Son autorisation en la matière. [Tanqîḥ al-taḥqîq 4/336]
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre maître a affirmé que le mariage se conclut par tout ce que les gens considèrent comme un mariage, quelle qu’en soit la langue, la formulation ou l’acte employé ; il en va de même pour tout autre contrat. De même, une condition entre les gens est valide dès lors qu’ils la tiennent pour telle. En effet, les appellations se déterminent tantôt par la sharîʿa, tantôt par la langue, tantôt par l’usage, et il en est de même des contrats. » [Al-Furûʿ 5/169 (8/202)] (1)
957 – L’acceptation (qabûl) et la proposition (ījâb) dans le mariage
– Ibn Mufliḥ dit : « Le shaykh Taqî al-Dîn rapporte qu’Abû al-Khaṭṭâb considère que le fait que l’acceptation précède la proposition n’entache pas la validité du mariage ; par exemple si l’époux déclare : “Je me suis marié”, et que le tuteur répond : “Je t’ai marié”. Il l’a énoncé explicitement au sujet du mariage suspendu (*nikâḥ mawqûf*). Abû Ḥafṣ al-ʿAkbarî l’a également mentionné dans son ouvrage Al-Khilâf, où il confronte les avis de Mâlik et d’Aḥmad.
Il ajoute : On exige que la proposition précède l’acceptation lorsque l’un des deux contractants propose et que l’autre accepte, qu’il s’agisse d’une seule femme ou de deux. En revanche, si chacun est à la fois proposant et acceptant — comme dans le cas du *shighâr* (mariage d’échange), lorsque nous l’estimons valide (2) —, et que l’un déclare : « Je te marie ma fille à condition que tu me maries la tienne », il a formulé l’acceptation au moyen d’un verbe au mode indicatif introduit par « an ». C’est ainsi que l’ont exposé le Qâḍî et d’autres.
Si, dans ces deux mariages, l’acceptation précède la proposition, par exemple quand on dit : « Mariez-moi votre fille afin que je vous marie la mienne », ou : « Mariez-moi votre fille et je marierai la mienne à votre fils », cela a été rapporté de l’imâm Aḥmad, mais…"
(1) Al-Fatawa, t. 20, p. 433-434 ; t. 29, p. 448 ; Al-Ikhtiyarat, p. 293.
(2) Dans la marge de l’original, le vérificateur relève : « Ce qu’a énoncé le cheikh Taqi al-Din dans Sharh al-Muharrar : “Si nous l’authentifions en mentionnant le mahr.” » Dieu sait mieux.
كلام المخلوقين، وهو مخلوقٌ، وكلام الله غير مخلوقٍ، وأمَّا كلمته: فما تكلم به، وهو شرعه وإباحته وإذنه في ذلك) [تنقيح التحقيق ٤/ ٣٣٦].
- وقال ابن مفلح: (وقال شيخنا: ينعقد بما عدَّه الناس نكاحًا بأي لغة ولفظ وفعل كان، وأن مثله كل عقد، وأن الشرط بين الناس ما عدوه شرطًا، فالأسماء تعرف حدودها تارة بالشرع، وتارة باللغة، وتارة بالعرف، وكذلك العقود) [الفروع ٥/ ١٦٩ (٨/ ٢٠٢)] (١).
٩٥٧ - القبول والإيجاب في النكاح:
- قال ابن مفلح: (قال الشيخ تقي الدين: وذكر أبو الخطاب أن تقدم القبول على الإيجاب لا يضر في النكاح، مثل أن يقول: تزوجت، فيقول: زوجتك، صرح به في مسألة النكاح الموقوف، قال: وكذا ذكر أبو حفص العكبري ــ يعني في كتاب «الخلاف» له بين مالك وأحمد -.
وقال أيضا: واشترط تقدم الإيجاب على القبول فيما إذا كان أحد المتعاقدين موجبا والآخر قابلا، سواء أوجب في امرأة أو امرأتين، فأما إن كان كل منهما موجبا قابلا، مثل مسألة الشغار ــ إذا صححناه (٢) ــ إذا قال أحدهما: زوجتك ابنتي على أن تزوجني ابنتك، فقد أتى بالقبول بصيغة المضارع المقترن بـ «أن»، وقد ذكر هذا القاضي وغيره.
وإن تقدم لفظ القبول فيهما بأن يقول: زوجني ابنتك على أن أزوجك ابنتي، أو زوجني بنتك وأزوجك بنتي= فهذا قد ذكره الإمام أحمد، لكن
(١) «الفتاوى» (٢٠/ ٤٣٣ - ٤٣٤؛ ٢٩/ ٤٤٨)، «الاختيارات» (٢٩٣).
(٢) قال المحقق في الحاشية: (بهامش الأصل: الذي قاله الشيخ تقي الدين في «شرح المحرر»: إذا صححناه مع تسمية الصداق) ا. هـ.