Chapitre : Les piliers du mariage et ses conditions 956 – La formulation du contrat de mariage – Ibn ʿAbd al-Hâdî rapporte : « Notre maître, l’érudit Abû al-ʿAbbâs, a déclaré : L’avis le plus sûr des savants est que le nikâḥ (mariage) se contracte par toute expression qui le signifie. Tel est l’avis de la majorité des juristes, parmi lesquels Abû Hanîfa, Mâlik et l’un des deux avis attribués à l’école d’Ahmad ; en vérité, les textes de ce dernier ne vont que dans ce sens. Quant à l’autre opinion, selon laquelle le contrat n’est valide qu’avec les termes *inkâḥ* ou *tazwîj*, elle est défendue par Abû ʿAbd Allâh Ibn Hâmid et ses partisans, tel le Qâdî Abû Yaʿlâ et ceux qui le suivent. Les anciens compagnons d’Ahmad, dans leur grande majorité, n’ont pas adopté cette restriction. Ahmad a même affirmé à plusieurs reprises que si quelqu’un dit : « J’ai affranchi ma servante et j’ai fait de son affranchissement sa dot », le mariage est conclu ; or, cette formule ne contient ni le mot *nikâḥ* ni *tazwîj*. C’est pourquoi Ibn ʿAqîl et d’autres en ont déduit que le mariage n’est pas limité à une formule précise. Ibn Hâmid, pour rester cohérent avec son opinion, a exigé que l’on ajoute à cette déclaration : « wa tazawwajtuhâ » (« et je l’ai épousée »). Le Qâdî Abû Yaʿlâ, quant à lui, a considéré ce cas comme une exception au raisonnement analogique et a donc déclaré le mariage valable sans les termes *inkâḥ* et *tazwîj*. Or, les principes et les textes explicites d’Ahmad contredisent cette restriction : l’un de ses fondements est que les contrats se concluent par toute parole ou tout acte qui manifeste l’intention recherchée, sans qu’ils soient limités à des formules données. Notre maître a encore dit ailleurs : « Certains ont imaginé que ce qui est visé par l’expression *kalimatu-llâh* (la Parole d’Allah) correspond à la proclamation : “ankiḥtuka wa zawwajtuka” (“Je te donne en mariage et je t’unis”). Il n’en est rien, car cela n’est pas la Parole d’Allah, mais… »
باب أركان النكاح وشروطه ٩٥٦ - صيغة عقد النكاح: - قال ابن عبد الهادي: (قال شيخنا العلامة أبو العبَّاس: أصحُّ قولي العلماء أنَّ النكاح ينعقد بكل لفظٍ يدلُّ عليه، وهذا مذهب جمهور العلماء، كأبي حنيفة ومالك وأحد القولين في مذهب أحمد، بل نصوصه لم تدلَّ إلَاّ على هذا الوجه. وأمَّا الوجه الآخر ــ وهو: أنَّه إنَّما ينعقد بلفظ الإنكاح أو التزويج ــ فهو قول أبي عبد الله بن حامدٍ وأتباعه، كالقاضي ومتبعيه. وأمَّا قدماء أصحاب أحمد وجمهورهم= فلم يقولوا بهذا الوجه، وقد نصَّ أحمد في غير موضعٍ على أنَّه إذ قال: «أعتقت أمتي وجعلت عتقها صداقها» انعقد النكاح، وليس هذا لفظ نكاحٍ وتزويجٍ، ولهذا ذكر ابن عقيلٍ وغيره أنَّ هذا يدل على أنَّه لا يختص النكاح بلفظٍ. وأمَّا ابن حامدٍ فطرد قوله، فقال: لا بدَّ أن يقول مع ذلك: وتزوجتها. والقاضي أبو يعلى جعل هذا خارجًا عن القياس، فجوَّز النكاح هنا بدون لفظ الإنكاح والتزويج. وأصول أحمد ونصوصه تخالف هذا، فإنَّ من أصله أنَّ العقود تنعقد بما يدلُّ على مقصودها من قولٍ وفعلٍ، فهو لا يرى اختصاصها بالصيغ. وقال شيخنا في موضعٍ آخر: وقد ظن بعض الناس أنَّ المراد بكلمة الله قولُه: (انكحتك وزوجتك)، وليس كذلك، فإنَّ هذا ليس كلام الله، بل هذا