Chapitre des dispositions relatives aux Oumm al-awlad (esclaves-concubines ayant enfanté)
939 – La vente des Oumm al-awlad
– Ibn al-Qayyim a dit : « Il a déclaré (1) – et parmi ces questions (2) – que l’interdiction de vendre les Oumm al-awlad n’était qu’un avis personnel qu’il jugea avantageux pour la communauté. En réalité, ces femmes furent bel et bien vendues du vivant du Messager d’Allah ﷺ et durant tout le califat d’Abû Bakr, si bien qu’Ali b. Abî Tâlib avait résolu, lui aussi, de les vendre.
Il ajouta que l’abstention de la vente résultait d’une opinion conjointe entre lui et ‘Umar. Son juge, ‘Ubâida as-Salmânî, lui dit alors : « Ô Commandeur des Croyants, ton avis et celui de ‘Umar, lorsqu’ils concordent, nous sont plus chers que ton avis seul. » Il répondit : « Rendez vos jugements comme vous le faisiez, car je déteste la dissension. » S’il avait eu un texte explicite du Messager d’Allah ﷺ interdisant leur vente, il ne l’aurait pas attribué à sa propre opinion et à celle de ‘Umar, et n’aurait pas dit : « J’ai jugé qu’elles devaient être vendues. » » [At-ṭuruq al-ḥukmiyya 14].
940 – La divergence au sujet des Oumm al-awlad constitue-t-elle une zone de doute ?
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Le statut d’une Oumm al-walad est celui d’une esclave ordinaire, selon le consensus, à l’exception (3) de la vente, du don, du nantissement, de l’affectation en waqf ou du legs qui la concerne.
D’après lui, quiconque l’accuse d’adultère encourt la peine prévue pour la calomnie.
D’après lui encore : si elle a un fils – car c’est bien celui-ci qu’il visait, selon l’explication d’Ibn ‘Umar.
Autre version : la vendre est réprouvé ; certains ont dit qu’elle ne serait alors pas affranchie à la mort de son maître. Cette divergence constitue-t-elle un motif de doute ? Sur ce point
(1) C’est-à-dire Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya.
(2) C’est-à-dire l’une des mesures de la politique légitime (as-siyâsa ash-shar‘iyya) appliquées par ‘Umar (qu’Allah soit satisfait de lui).
(3) Tel quel dans la 1re édition ; dans la 2e édition : « illa » (sauf).
باب أحكام أمهات الأولاد
٩٣٩ - بيع أمهات الأولاد:
- قال ابن القيم: (قال (١): ومن ذلك (٢): منعه بيع أمهات الأولاد، إنما كان رأيًا منه رآه للأمة، وإلا فقد بعن في حياة رسول الله ﷺ، ومدة خلافة الصديق، ولهذا عزم علي بن أبي طالب على بيعهن.
وقال: إن عدم البيع كان رأيا اتفق عليه هو وعمر، فقال له قاضيه عَبيدة السلماني: يا أمير المؤمنين، رأيك ورأي عمر في الجماعة أحب إلينا من رأيك وحدك، فقال: اقضوا كما كنتم تقضون، فإني أكره الخلاف. فلو كان عنده نصٌّ من رسول الله ﷺ بتحريم بيعهن لم يضف ذلك إلى رأيه ورأي عمر، ولم يقل: إني رأيت أن يبعن) [الطرق الحكمية ١٤].
٩٤٠ - الخلاف في أمهات الأولاد شبهة:
- قال ابن مفلح: (وحكم أم الولد كالأمة، نقله الجماعة، لا (٣) في بيع وهبة ورهن ووقف ووصية بها.
وعنه: يحد قاذفها.
وعنه: إن كان لها ابن، لأنه إنما أراده، كذا قال ابن عمر.
وعنه: يكره بيعها، فقيل: لا تعتق بموته، وهل هذا الخلاف شبهة؟ فيه
(١) أي: شيخ الإسلام ابن تيمية.
(٢) أي: من السياسة الشرعية التي عمل بها عمر ﵁.
(٣) كذا في ط ١، وفي ط ٢: (إلا).