Chapitre de la kitâba (contrat d’affranchissement)
938 – La conformité de la kitâba à l’analogie juridique
Ibn al-Qayyim a dit :
« Quant à la kitâba, celui qui prétend qu’elle va à l’encontre de l’analogie affirme qu’il s’agit pour le maître de vendre ce qui lui appartient contre ce qui lui appartient déjà. C’est une erreur. En réalité, c’est l’esclave qui se vend lui-même moyennant une dette inscrite à sa charge, et le maître n’a aucun droit sur la dette de l’esclave ; son droit ne porte que sur le corps de celui-ci. Le droit du maître concerne la valeur patrimoniale de l’esclave, non (1) son humanité. L’esclave ne sera tenu d’honorer sa dette qu’après avoir recouvré la liberté, moment où le maître ne possédera plus aucun droit sur lui.
Dès lors, la kitâba consiste pour l’esclave à se racheter lui-même au prix d’une dette contractée ; une fois qu’il s’est acheté, ses gains et ses profits lui reviennent, car ils constituent un bien nouveau qu’il acquiert grâce au contrat de kitâba.
La sagesse parfaite du Législateur se manifeste encore dans le fait qu’il a différé l’affranchissement jusqu’au versement intégral du prix : le maître n’accepte la perte de son droit de propriété qu’à la condition de recevoir la contrepartie. Si celle-ci ne lui est pas remise et que l’esclave s’avère incapable de payer, le maître peut résilier la vente. Or, si l’affranchissement avait déjà eu lieu, il serait irréversible et le maître serait lésé. Ainsi, la Loi préserve à la fois l’intérêt du maître et celui de l’esclave, et elle a institué la kitâba de la manière la plus parfaite, en stricte conformité avec l’analogie saine.
Tel est également le principe dans toutes les autres transactions onéreuses : la Sunna authentique et explicite, à laquelle rien ne s’oppose, établit que, si l’acheteur est dans l’incapacité de payer le prix, le vendeur a le droit de reprendre le bien vendu, qu’un juge ait ou non prononcé son insolvabilité ; et le Prophète ﷺ ne… »
(1) Le mot « la » a été omis dans l’édition imprimée d’al-Fatâwa.
باب الكتابة
٩٣٨ - موافقة الكتابة للقياس:
- قال ابن القيم: (وأما الكتابة فمن قال: هي على خلاف القياس، قال: هي بيع السيد ماله بماله، وهذا غلط، وإنما باع العبد نفسه بمال في ذمته، والسيد لا حق له في ذمة العبد، وإنما حقه في بدنه، فإن السيد حقه في مالية العبد، لا (١) في إنسانيته، وإنما يطالب العبد بما في ذمته بعد عتقه، وحينئذ فلا ملك للسيد عليه.
وإذا عرف هذا فالكتابة بيعه نفسه بمال في ذمته، ثم إذا اشترى نفسه كان كسبه له ونفعه له، وهو حادث على ملكه الذي استحقه بعقد الكتابة.
ومن تمام حكمة الشارع: أنه أخر فيها العتق إلى حين الأداء، لأن السيد لم يرض بخروجه عن ملكه، إلا بأن يسلم له العوض، فمتى لم يسلم له العوض، وعجز العبد عنه= كان له الرجوع في البيع، فلو وقع العتق لم يمكن رفعه بعد ذلك، فيحصل السيد على الحرمان، فراعى الشارع مصلحة السيد ومصلحة العبد، وشرع الكتابة على أكمل الوجوه وأشدها مطابقة للقياس الصحيح.
وهذا هو القياس في سائر المعاوضات، وبه جاءت السنة الصحيحة الصريحة، الذي لا معارض لها: أن المشتري إذا عجز عن الثمن كان للبائع الرجوع في عين ماله، وسواء حكم الحاكم بفلسه أم لا، والنبي ﷺ لم
(١) سقطت كلمة (لا) من مطبوعة «الفتاوى».