Il ajouta : « Après avoir scruté, autant qu’il m’a été possible, les preuves de la Loi, je n’ai jamais vu une analogie juridique valide (qiyâs, raisonnement analogique) contredire un hadith authentique, pas plus qu’une raison saine ne saurait être en opposition avec une transmission sûre. Chaque fois donc qu’une analogie paraît s’opposer à un texte, l’un des deux est forcément défaillant. Or, distinguer entre une analogie correcte et une analogie viciée est une tâche dont bien des aspects échappent même à nombre de savants éminents, a fortiori à ceux de moindre rang ; car saisir la cause efficiente qui gouverne les statuts, et connaître les significations auxquelles ces statuts sont liés, relève des sciences les plus nobles : il en est de manifestes, connus de la majorité, et d’autres, plus subtiles, que seuls les spécialistes perçoivent.
C’est pourquoi nombre d’analogies avancées par des savants se sont trouvées en contradiction avec les textes, la véritable analogie leur ayant échappé ; de même, beaucoup ne remarquent pas les indications fines que renferment les textes et qui pointent vers les statuts juridiques. » Fin de citation. ⦗Iʿlâm al-Muwaqqiʿîn 2/43-47⦘ (1).
937 – Question :
Ibn Mufliḥ a dit : « Si l’un affirme : “Si cet oiseau est une corneille, alors mon esclave est affranchi”, et que l’autre déclare : “S’il ne l’est pas, alors mon esclave est affranchi”, sans que ni l’un ni l’autre ne sachent de quel oiseau il s’agit, il n’y a pas affranchissement.
Si, par la suite, l’un des deux achète l’esclave de l’autre, certains ont dit : l’un des deux sera affranchi par tirage au sort ; d’autres : c’est l’acheteur qui est affranchi ; d’autres enfin : (cela vaut) s’ils ont menti tous deux.
Dans le cas analogue concernant le mariage, les dispositions relatives au divorce demeurent, et il leur est interdit d’avoir des rapports charnels, sauf si l’un des deux est convaincu que l’autre se trompe ; c’est là l’avis le plus solide dans les deux situations.
Ibn al-Qâsim a rapporté : “Qu’ils se prémunissent contre le doute.” »