Et l’avis d’az-Zuhrî comme le verdict de Sulaymân procèdent donc directement des preuves, car l’obligation est de garantir le bien détruit par un équivalent autant que faire se peut. Le Très-Haut dit en effet : « La rétribution d’une mauvaise action est une mauvaise action de même nature » (42 : 40) ; Il dit encore : « Si l’on vous agresse, agressez-le donc à la mesure de l’agression subie » (2 : 194) ; « Les choses sacrées relèvent du talion » (2 : 194) ; et : « Si vous punissez, punissez donc avec une punition équivalente à celle qui vous aura été infligée » (16 : 126).
Or, lorsqu’il est absolument impossible de trouver, sous tous rapports, un substitut identique — qu’il s’agisse d’un animal, d’un récipient ou d’un vêtement — il ne reste que deux voies :
1) indemniser en dirhams, lesquels diffèrent de l’objet perdu quant à l’espèce, à la description, à la finalité et à l’usage, même s’ils en égalent la valeur marchande ;
2) indemniser en nature, autant que possible(1), par un objet équivalent au bien détruit en espèce, description, valeur, finalité et utilité. Il ne fait aucun doute que cette seconde option se rapproche davantage des textes, de l’analogie juridique et de l’équité.
Un cas analogue est celui du talion pour une gifle ou un coup, établi par la Sunna et l’accord des Compagnons ; l’imam Aḥmad l’a clairement stipulé dans la version rapportée par Ismâʿîl ibn Saʿîd… Et lorsque la similitude parfaite est impossible à réaliser, même pour les biens mesurés ou pesés, la solution la plus proche de cette similitude est la plus correcte. Assurément, un bien de la même espèce offre une ressemblance plus étroite qu’une simple valeur monétaire. Tel est le raisonnement analogique valable et la conclusion imposée par les textes. Et c’est Allah qui accorde la réussite.
Troisième fondement : quiconque mutile son esclave le libère de ce seul fait ; tel est l’avis des juristes du hadith. Des récits marfûʿ nous le rapportent du Prophète ﷺ et de ses Compagnons, notamment ʿUmar ibn
(1) Dans al-Fatawâ : « en tenant compte de la valeur dans la mesure du possible ».
وقول الزهري وحكم سليمان هو موجب الأدلة، فإن الواجب: ضمان المتلف بالمثل بحسب الإمكان، كما قال تعالى: ﴿وَجَزَاءُ سَيِّئَةٍ سَيِّئَةٌ مِثْلُهَا﴾ [الشورى: ٤٠]، وقال: ﴿فَمَنِ اعْتَدَى عَلَيْكُمْ فَاعْتَدُوا عَلَيْهِ بِمِثْلِ مَا اعْتَدَى عَلَيْكُمْ﴾ [البقرة: ١٩٤]، وقال: ﴿وَالْحُرُمَاتُ قِصَاصٌ﴾ [البقرة: ١٩٤]، وقال: ﴿وَإِنْ عَاقَبْتُمْ فَعَاقِبُوا بِمِثْلِ مَا عُوقِبْتُمْ بِهِ﴾ [النحل: ١٢٦].
وإن كان مثل الحيوان والآنية والثياب من كل وجه متعذرا، فقد دار الأمر بين شيئين: الضمان بالدراهم المخالفة للمثل في الجنس والصفة والمقصود والانتفاع، وإن ساوت المضمون في المالية؛ والضمان بالمثل ــ بحسب الإمكان (١) ــ المساوي للمتلف في الجنس والصفة والمالية والمقصود والانتفاع، ولا ريب أن هذا أقرب إلى النصوص والقياس والعدل.
ونظير هذا: ما ثبت بالسنة واتفاق الصحابة من القصاص في اللطمة والضربة، وهو منصوص أحمد في رواية إسماعيل بن سعيد ... وإذا كانت المماثلة من كل وجه متعذرة، حتى في المكيل والموزون، فما كان أقرب إلى المماثلة فهو أولى بالصواب، ولا ريب أن الجنس إلى الجنس أقرب مماثلة من الجنس إلى القيمة، فهذا هو القياس وموجب النصوص، وبالله التوفيق.
والأصل الثالث: أن من مثل بعبده عتق عليه، وهذا مذهب فقهاء الحديث، وقد جاءت بذلك آثار مرفوعة عن النبي ﷺ وأصحابه، كعمر بن
(١) في «الفتاوى»: (مع مراعاة القيمة بحسب الإمكان).