Il poursuit : Certains traitent la question comme un point litigieux ; selon eux, quelques ulémas l’autoriseraient tandis que d’autres la proscriraient, et ils concluent : « Leur divergence constitue une ambiguïté ! » – C’est là mensonge et ignorance, car nul, dans aucune fraction de la communauté, ne la tient pour licite, ni d’ailleurs dans aucune religion révélée ; seuls les zindîqs (hérétiques) de ce monde, qui ne croient ni en Allah, ni en Ses envoyés, ni en Ses Livres, ni au Jour dernier, la déclarent permise.
Il ajoute : D’autres affirment que l’acte devient licite par nécessité, par exemple lorsqu’un homme reste quarante jours sans relation charnelle – et d’autres cas semblables sur lesquels des groupes de soldats, de gens du commun et de pauvres m’ont interrogé.
Il ajoute encore : Certains ont appris qu’il existait une divergence entre quelques savants au sujet de l’application de la peine légale pour cet acte ; ils ont alors pensé qu’il y avait divergence sur l’interdiction même, sans savoir qu’un acte peut compter parmi les plus graves prohibitions – telle la bête morte, le sang ou la chair du porc – tout en n’étant pas assorti d’une peine déterminée. En outre, cette divergence peut n’être qu’une opinion faible, née d’une erreur chez l’un des mujtahidûn (juristes-mujtahids). De la combinaison de cette opinion faible – fruit de l’erreur d’un savant – et de cette conjecture corrompue – erreur de certains ignorants – naissent la falsification de la religion, l’obéissance à Satan et la désobéissance au Seigneur des mondes. Lorsque, en plus, ces propos infondés se joignent à des suppositions mensongères, renforcées par des passions dominantes, n’interroge plus sur la perversion qui s’ensuit : c’est alors la sortie pure et simple de l’ensemble des prescriptions de la Loi.
Une fois l’affaire ainsi banalisée dans l’esprit de beaucoup, nombre d’esclaves en viennent à se vanter de n’avoir connu que leur maître et de n’avoir été pénétrés par nul autre, à l’instar d’une concubine ou d’une épouse qui se targue de n’avoir connu que son seigneur ou son mari. De même, quantité de jeunes imberbes se flattent de n’avoir connu que leur compagnon intime, leur ami, leur « frère » ou leur précepteur ; de même encore, nombre de ceux qui tiennent le rôle actif se glorifient d’être chastes envers tout autre que leur confident – lequel est pour eux tel une épouse – ou que leur propre esclave, assimilé à une concubine.