et des Successeurs. Quant aux deux dernières questions (1), aucun différend n’est rapporté des Compagnons ; bien au contraire, ce que l’on tient d’eux, c’est qu’ils faisaient hériter.
Notre maître a dit : Accorder l’héritage dans ces cas va de pair avec les principes de la sharîʿa, car les musulmans ont une bienfaisance et un droit à l’égard des gens du dhimma : ils préservent leur sang, combattent pour eux, protègent leur vie et leurs biens et rachètent leurs captifs. Les musulmans les défendent, les secourent et repoussent l’agression ; ils sont donc plus en droit de recevoir leur succession que les mécréants.
Ceux qui ont interdit cet héritage ont objecté que son fondement est la walâʾ (alliance loyale), laquelle est rompue entre le musulman et le mécréant. Les autres leur ont répondu que son fondement n’est pas la walâʾ intérieure qui procure une récompense dans l’au-delà ; une telle walâʾ existe même entre les musulmans et leurs pires adversaires, les hypocrites, au sujet desquels Allah dit : « Ils sont l’ennemi ; prends-y garde » (sourate al-Munâfiqûn, 4). L’alliance des cœurs n’est donc pas la condition requise pour l’héritage ; il s’agit plutôt de l’entraide. Les musulmans viennent en aide aux dhimmîs et, de ce fait, héritent d’eux, tandis que les dhimmîs ne secourent pas les musulmans et n’héritent donc pas d’eux. Allah est plus savant. [Aḥkâm Ahl adh-Dhimma 2/474]
928 – Si son père mécréant meurt alors que l’enfant est encore fœtus :
– Ibn al-Qayyim a dit : « On pourrait demander : que jugez-vous si le père mécréant meurt alors que son fils n’est encore qu’un fœtus ; hérite-t-il de lui ? Nous répondons : il n’en hérite pas, car nous le déclarons musulman dès la mort de son père, avant la naissance. Aḥmad l’a explicitement affirmé : l’islam, qui empêche l’héritage, précède ainsi son droit éventuel à la succession, et cela… »