même si l’auteur savait que la victime était musulmane, car ses proches n’ont pas droit au sang-prix, pas plus que les musulmans ni le Trésor public. Ces mécréants, en revanche, n’héritent pas d’un tel musulman, conformément à la parole : « Le mécréant n’hérite pas du musulman », parce qu’il est ḥarbî (belligérant) et que tout lien de solidarité entre eux est rompu ; ils sont les ennemis déclarés des musulmans. Or l’héritage ne se conçoit pas dans un contexte d’hostilité manifeste, mais uniquement lorsque la solidarité est manifeste. Les ahl adh-dhimma (non-musulmans sous pacte) ne sont pas des ennemis en guerre, et la réparation pour le meurtre de l’un d’eux est garantie ; lorsqu’un musulman hérite d’un dhimmî, cela s’accorde donc avec les principes.
Quant à l’expression « mécréant », elle désigne ici le mécréant absolu, c’est-à-dire l’ennemi belligérant ; elle n’englobe ni l’hypocrite, ni l’apostat, ni le dhimmî. Dès lors, si le croyant peut hériter de l’hypocrite parce que celui-ci, extérieurement, vit en paix avec lui et lui manifeste une forme d’alliance, il en va de même du dhimmî. Certains hypocrites, d’ailleurs, sont pires que bien des gens du pacte… ⦗Aḥkâm Ahl adh-Dhimma 2/462-472⦘ (1).
– Ibn Mufliḥ a dit : « Notre maître a permis qu’un musulman hérite d’un dhimmî afin que son parent ne soit pas détourné de l’islam, et en raison de l’obligation de les secourir (2), alors qu’eux ne nous secourent pas et qu’aucun lien d’alliance n’existe entre nous. Il en va comme de celui qui a cru sans émigrer : nous le soutenons (3) mais il ne bénéficie pas du walâʾ, selon le verset. Or ces gens-là ne nous soutiennent pas (4) et ne résident pas dans notre territoire pour que nous les protégions en permanence ; c’est pourquoi ils n’héritent pas et ne font pas hériter. L’héritage suit ici la même règle que le sang-prix. Le Très-Haut a d’ailleurs précisé dans Sa parole : « Les parents par le sang sont plus proches… » (Al-Aḥzâb, 6) que le parent qui partage