De même, l’ensemble des Compagnons ne furent astreints ni à indemnité (diyya) ni à expiation (kaffâra). Il en alla pareillement pour toutes les personnes tuées par les apostats ou les rebelles armés : lorsqu’ils retournèrent à l’islam, les musulmans ne leur imposèrent rien de tout cela. Sur ce point, les écoles d’Ash-Shâfiʿî et d’Aḥmad connaissent une divergence. Un groupe de leurs disciples plaide pour l’obligation de dédommager, et nombre de savants hanbalites tardifs pensent que c’est là l’opinion apparente d’Aḥmad, jugeant que la non-obligation relèverait d’Abû Bakr ʿAbd al-ʿAzîz. Ils ignorent pourtant qu’Aḥmad a explicitement approuvé l’avis d’Abû Bakr : les apostats et les rebelles armés ne garantissent pas les vies et les biens qu’ils ont détruits, tout comme les mécréants originellement en guerre. À propos de ces derniers aussi, un débat existe chez les shâfiʿites et les hanbalites, alors que l’avis correct est celui de la majorité — l’école de Mâlik, d’Abû Ḥanîfa et d’autres —, à savoir qu’aucune garantie n’est due. Il en va de même pour les insurgés interprétatifs (bughât) parmi les gens de la qibla, tels que les combattants des batailles du Chameau et de Ṣiffîn : ils ne sont pas tenus de réparer les dommages qu’ils se sont mutuellement infligés durant le combat. C’est l’opinion entérinée chez les hanbalites. Az-Zuhrî rapporte : « La fitna éclata alors que les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ étaient encore nombreux, et ils furent unanimes à considérer que tout sang versé ou toute blessure infligée sous prétexte d’une interprétation du Coran est non indemnisable (hadr) ; ils les traitèrent comme les gens de la Jâhiliyya. » Autrement dit, parce qu’ils agissaient selon une interprétation, on les mit au même rang que les gens de l’ignorance pré-islamique, même s’ils se trompaient dans cette interprétation, à l’instar des mécréants ou des apostats. Seule est tenue d’indemniser la partie qui sait qu’il ne lui est pas licite de tuer et qui passe outre, comme deux factions qui s’affrontent par esprit de clan : chacune sait qu’elle combat par tribalisme et non pour la vérité. Dans ce cas, chaque camp doit compenser à l’autre les pertes qu’il lui a causées. C’est à ce propos qu’Allah — Exalté soit-Il — a révélé : « Ô vous qui croyez ! Il vous est prescrit le talion pour les tués : le libre pour le libre, l’esclave pour l’esclave et la femme pour la femme » (sourate Al-Baqarah, 178). Quant aux bandits, véritables coupe-gorge, pleinement conscients de l’illicéité de leurs actes, ils sont tenus de dédommager, et si
وسائر الصحابة لا دية ولا كفارة، وكذلك سائر من قتله المرتدون والمحاربون لما عادوا إلى الإسلام لم يضمنهم المسلمون شيئا من ذلك. وهذا فيه نزاع في مذهب الشافعي وأحمد، وطائفة من أصحابهما ينصرون الضمان، وكثير من متأخري أصحاب أحمد يظن أن هذا هو ظاهر مذهبه، وأن عدم الضمان هو قول أبي بكر عبد العزيز، ولم يعلم أن أحمد نص على قول أبي بكر، وأن أهل الردة والمحاربين لا يضمنون ما أتلفوه من النفوس والأموال كأهل الحرب الكفار الأصليين، فإن فيهم نزاعا في مذهب الشافعي وأحمد، والصواب فيهم الذي عليه الجمهور، وهو مذهب مالك وأبي حنيفة وغيرهما. وكذلك البغاة المتأولون من أهل القبلة كالمقتتلين بالجمل وصفين لا يضمنون ما أتلفه بعضهم على بعض في القتال، وهذا هو المنصور عند أصحاب أحمد، قال الزهري: وقعت الفتنة وأصحاب رسول الله ﷺ متوافرون، فأجمعوا أن كل دم أو جرح أصيب بتأويل القرآن فإنه هدر، أنزلوهم منزلة الجاهلية. يعني: لما كانوا متأولين أنزلوهم منزلة أهل الجاهلية، وإن كانوا مخطئين في التأويل، كالكفار والمرتدين، وإنما يضمن من كان يعلم أنه لا يحل له أن يقتل، ويؤاخذ كالطائفتين المقتتلتين على عصبية، وكل منهما يعلم أنه يقاتل عصبية لا على حق، فهؤلاء تضمن كل طائفة ما أتلفته على الأخرى، وفي ذلك نزل قوله تعالى: ﴿يَاأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الْقِصَاصُ فِي الْقَتْلَى الْحُرُّ بِالْحُرِّ وَالْعَبْدُ بِالْعَبْدِ وَالْأُنْثَى بِالْأُنْثَى﴾ [البقرة: ١٧٨]. والمحاربون قطاع الطريق العالمون بأن ما فعلوه محرم يضمنون، وإذا