Il prononça cette remarque aussitôt après les paroles précédentes. ʿAqîl s’était, en effet, approprié une partie de ces biens par héritage d’Abû Ṭâlib, et une autre partie par la force et l’usurpation. De toute évidence, il avait même pris possession du bien personnel du Prophète ﷺ et de sa propre demeure, car on dit un jour à l’Envoyé d’Allah : « Ne voudrais-tu pas descendre dans ta maison ? » Il répondit : « ʿAqîl ne nous a-t-il pas laissés sans maison ?! » Autrement dit : il a pris ma maison ainsi que celles d’autres membres des Banû Hâshim.
À ce moment-là, ʿAqîl n’avait pas encore embrassé l’islam ; il demeurait dans la religion de son peuple. Ḥamza, ʿUbayda ibn al-Ḥârith, ʿAlî et d’autres avaient déjà émigré à Médine avec le Prophète ﷺ, tandis que Jaʿfar avait gagné l’Abyssinie. ʿAqîl prit donc possession des demeures du Prophète ﷺ et de celles des descendants d’Abû Ṭâlib. Quant aux maisons d’al-ʿAbbâs, celui-ci en conservait la mainmise ; al-Ḥârith ibn ʿAbd al-Muṭṭalib se trouvait encore à La Mecque avec ses fils Abû Sufyân et Rabîʿa. De la lignée d’Abû Ṭâlib, il ne restait à La Mecque que ʿAqîl, et le Prophète ﷺ n’avait pas de frère ; ʿAqîl s’appropria donc l’ensemble de ces biens. C’est pour cela que le Prophète ﷺ déclara : « ʿAqîl ne nous a-t-il pas laissés sans propriétés ? » Sans quoi, par quel moyen aurait-il pu s’emparer des biens du Prophète ﷺ alors que celui-ci était vivant, d’autant qu’il ne les aurait pas hérités même s’il y avait eu succession ?
Il ressort de tout cela que, lorsque des polythéistes belligérants s’emparent des biens des musulmans puis embrassent l’islam, ces biens leur restent acquis et ne sont pas restitués aux musulmans ; ils les ont pris pour Allah, et leur récompense à ce sujet incombe à Allah, en compensation du sang et des biens que les mécréants ont détruits. Les martyrs, en effet, ne bénéficient d’aucune garantie : si le meurtrier d’un martyr se convertit, aucune indemnité (diyya) ni expiation ne lui est imposée, conformément à la sunna massivement rapportée et à l’accord des musulmans.
De nombreuses personnes se convertirent du vivant du Prophète ﷺ alors même que l’on connaissait les compagnons qu’elles avaient tués : ainsi Wahchî ibn Ḥarb, meurtrier de Ḥamza, ou l’assassin d’An-Nuʿmân ibn Qawqal, entre autres. Pourtant, le Prophète ﷺ n’exigea rien de leur part, appliquant la parole du Très-Haut : « Dis à ceux qui ont mécru : s’ils cessent, il leur sera pardonné ce qui a déjà passé » (sourate Al-Anfâl, 38).
Il en alla de même pour les apostats : Ṭulayḥa al-Asadî revint à l’islam après sa défection alors qu’il avait tué ʿUkâsha ibn Miḥṣan ; Abû Bakr et ʿUmar ne lui réclamèrent ni indemnité ni expiation.
قاله عقيب هذا القول، وكان قد استولى على بعضها بطريق الإرث من أبي طالب، وعلى بعضها بطريق القهر والغلبة، والظاهر أنه استولى على نفس ملك النبي ﷺ وداره التي هي له، فإنه قيل له: ألا تنزل في دارك؟ فقال: «وهل ترك لنا عقيل من دار؟ ! ». يقول: هو أخذ داري ودار غيري من بني هاشم، وكان عقيل لم يسلم بعد، بل كان على دين قومه، وكان حمزة وعبيدة بن الحارث وعلي وغيرهم قد هاجروا إلى المدينة مع النبي ﷺ ، وجعفر هاجر إلى الحبشة، فاستولى عقيل على رباع النبي ﷺ وعلى رباع آل أبي طالب، وأما رباع العباس فالعباس كان مستوليا عليها، وكذلك الحارث بن عبد المطلب كان بمكة ابنه أبو سفيان وابنه ربيعة، وأما أبو طالب فلم يبق له بمكة إلا عقيل، والنبي ﷺ لم يكن له أخ، فاستولى عقيل على هذا وهذا، فلهذا قال: «وهل ترك لنا عقيل من رباع؟ »، وإلا فبأي طريق يأخذ ملك النبي ﷺ وهو حي ولم يكن هو وارثه لو كان يورث؟
فتبين بهذا أن الكفار المحاربين إذا استولوا على أموال المسلمين، ثم أسلموا، كانت لهم ولم ترد إلى المسلمين، لأنها أخذت في الله، وأجورهم فيها على الله، لما أتلفه الكفار من دمائهم وأموالهم، فالشهداء لا يضمنون، ولو أسلم قاتل الشهيد لم يجب عليه دية ولا كفارة بالسنة المتواترة واتفاق المسلمين، وقد أسلم جماعة على عهد النبي ﷺ وقد عرف من قتلوه، مثل: وحشي بن حرب قاتل حمزة، ومثل: قاتل النعمان بن قوقل، وغيرهما، فلم يطلب النبي ﷺ أحدا بشيء عملا بقوله: ﴿قُلْ لِلَّذِينَ كَفَرُوا إِنْ يَنْتَهُوا يُغْفَرْ لَهُمْ مَا قَدْ سَلَفَ﴾ [الأنفال: ٣٨]، وكذلك المرتدون، قد أسلم طليحة الأسدي بعد ردته وقد قتل عكاشة بن محصن، فلم يضمنه أبو بكر وعمر