— et l’on a dit : sans motif — l’avis le plus solide est qu’il en va exactement de même lorsque le donateur se rétracte ; l’imâm Aḥmad n’a rapporté aucun autre avis dans les transmissions d’al-Khirqī et d’Abū Bakr. L’opinion la plus répandue veut qu’il en soit de même même après la remise effective du bien, et Aḥmad l’a énoncé explicitement. D’après un autre propos attribué à l’Imam, cela ne s’applique pas lorsqu’il est en phase terminale. Al-Maimūnī et d’autres rapportent qu’une telle donation ne devient pas exécutoire. Abū l-Faraj et d’autres estiment qu’on ordonne la restitution ; si toutefois le père meurt avant de la reprendre, il apparaît alors qu’elle devient irrévocable(1), comme l’ont mentionné le Qâḍî et d’autres. Selon une autre narration encore, ses héritiers peuvent revenir sur ce don ; avis adopté par Ibn Baṭṭa, Abū Ḥafṣ et notre Shaykh.) [Al-Furûʿ 4/645 (7/413)] (2).
905 – Rétractation de l’épouse qui a exonéré son mari de sa dot par crainte de la réalisation d’un divorce subordonné à cette exonération :
– Ibn Mufliḥ a dit : « Si le mari déclare : “Elle est divorcée par trois répudiations si tu ne m’exonères pas”, et qu’elle l’exonère, l’exonération est valide. Peut-elle se rétracter ? Un troisième avis affirme qu’elle peut revenir sur son exonération si le mari la répudie ; c’est ce qu’ont rapporté notre Shaykh et d’autres. » [Al-Furûʿ 4/649-650 (7/418)] (3).
906 – Actes de disposition du père dans les biens de son enfant avant d’en avoir pris possession :
– Ibn Mufliḥ a dit : « Il lui est permis — contrairement à Ibn ʿAqīl — de s’approprier, sans restriction et pourvu que cela ne nuise pas à l’enfant, tout bien lui appartenant ; telle est l’affirmation explicite(4) …
Et il n’est pas valable qu’il en dispose avant d’en être devenu propriétaire, selon… »
(1) C’est-à-dire qu’il demeure valable pour le bénéficiaire.
(2) Fatawa, vol. 31, p. 295, 297 ; al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli, p. 268.
(3) Voir Fatawa, vol. 32, p. 286 ; al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli, p. 269.
(4) Ibn Qundus, dans ses Notes sur al-Furuʿ, déclare : « Comme indiqué dans al-Ikhtiyarat : il n’appartient pas au père non musulman de transférer (tamlik) la propriété de son fils musulman, surtout si ce dernier était d’abord non musulman puis s’est converti. Il ne peut pas non plus retirer sa donation si elle a été faite alors que le fils était mécréant et que celui-ci s’est ensuite converti. En revanche, si la donation a été faite après la conversion du fils, la question reste ouverte. »
Abu al-ʿAbbas ajoute ailleurs : « Quant au père et à la mère non musulmans, peuvent-ils se saisir (tamlik) du bien du fils musulman ou reprendre leur don ? Deux opinions se dégagent, selon les deux récits sur l’obligation de la nourriture malgré la différence de religion. Si l’on considère que l’entretien n’est pas dû entre personnes de religions différentes, le transfert de propriété est encore moins permis. Et si l’on admet qu’il est dû, il reste improbable qu’ils aient le droit de transférer la propriété. Par ailleurs, il est vraisemblable qu’un père musulman ne puisse pas prendre quoi que ce soit du bien de son fils non musulman, car Ahmad distingue le père des autres en affirmant que celui-ci acquiert la possession (hawz) du bien de son enfant, mais qu’il n’exerce pas cette possession en cas de différence de religion. »
فيه ــ سوَّى برجوع، لم يذكر أحمد غيره في رواية الخرقي وأبي بكر، والأشهر: وكذا بإعطاء، ونص عليه، وعنه: لا في مرضه، ونقل الميموني وغيره: لا ينفذ، وقال أبو الفرج وغيره: يؤمر برده، وإن مات قبله تبينا لزومه (١)، ذكره القاضي وغيره. وعنه: لورثته الرجوع، اختاره ابن بطة وأبو حفص وشيخنا) [الفروع ٤/ ٦٤٥ (٧/ ٤١٣)] (٢).
٩٠٥ - رجوع المرأة إذا أبرأت زوجها من صداقها خوفا من وقوع الطلاق المعلق بالإبراء:
- قال ابن مفلح: (ولو قال: هي طالق ثلاثًا إن لم تبرئني، فأبرأته: صح، وهل ترجع؟ ثالثها: ترجع إن طلقها، ذكره شيخنا وغيره) [الفروع ٤/ ٦٤٩ ــ ٦٥٠ (٧/ ٤١٨)] (٣).
٩٠٦ - تصرف الأب في مال ولده قبل تملكه:
- قال ابن مفلح: (وله أن يتملك ــ خلافا لابن عقيل ــ من مال ولده مطلقا ما لم يضره، نص عليه (٤) ...
ولا يصح تصرفه فيه قبل تملكه، على
(١) أي: أنه يثبت للمعطَى.
(٢) «الفتاوى» (٣١/ ٢٩٥، ٢٩٧)، «الاختيارات» للبعلي (٢٦٨).
(٣) انظر: «الفتاوى» (٣٢/ ٢٨٦)، «الاختيارات» للبعلي (٢٦٩).
(٤) قال ابن قندس في «حواشيه على الفروع»: (قال في «الاختيارات»: ليس للأب الكافر تمليك [كذا، وفي المطبوعة و «الإنصاف»: تملك، ولعله الصواب] مال ولده المسلم، لا سيما إذا كان الولد كافرا فأسلم، وليس له أن يرجع في عطيته إذا كان وهبه في حال الكفر فأسلم الولد، فأما إذا وهبه حال إسلام الولد ففيه نظر.
وقال أبو العباس في موضع آخر: فأما الأب والأم الكافرة فهل لهما أن يتملكا على الولد المسلم أو يرجعا في الهبة؟ يتوجه أن يخرج فيه وجهان، على الروايتين في وجوب النفقة مع اختلاف الدين، بل يقال: إذا قلنا: لا تجب النفقة مع اختلاف الدين فالتمليك أبعد، وإن قلنا: تجب النفقة فالأشبه ليس لهما التمليك، والأشبه أنه ليس للأب المسلم أن يأخذ من مال ولده الكافر شيئا، فإن أحمد علل الفرق بين الأب وغيره، بأن الأب يحوز مال ابنه، ومع اختلاف الدين لا حوز) ا. هـ.