Chapitre de la donation (hiba)
902 – Récompenser celui qui détient sur soi un service rendu ou une faveur :
– Ibn Mufliḥ a dit : « De même, notre Shaykh a jugé dans son ouvrage “Radd ar-Râfiḍî” qu’il relève de l’équité obligatoire de gratifier celui qui possède à votre encontre un bienfait ou une faveur, afin de le rétribuer à sa mesure. » [Al-Furûʿ 4/638 (7/406)] (1).
903 – La donation suppose-t-elle une contrepartie ?
– Ibn Mufliḥ a dit : « Certains ont soutenu que la hiba requiert une rétribution ; d’autres n’y voient cette exigence qu’en présence d’un usage établi. Ainsi, si le donateur la confie au bénéficiaire pour qu’il lui rende l’équivalent ou satisfasse un besoin et que celui-ci ne s’exécute pas, le cas est assimilé à une condition explicite. Tel est l’avis retenu par notre Shaykh.
Si cette contrepartie est stipulée de façon déterminée, la donation est valide, à l’image d’une ʿâriyah (prêt d’usage) ; on a aussi dit : elle est valable à concurrence de sa valeur, comme dans une vente (2). D’après une autre version de son propos, il s’agit simplement d’une hiba. D’autres estiment qu’elle n’est pas recevable, tout comme l’exclusion d’un prix (3) ou lorsqu’il demeure inconnu. D’après une autre narration, elle est toutefois valable ; notre Shaykh indique que c’est là l’avis apparent de l’école. » [Al-Furûʿ 4/639 (7/406-407)] (4).
904 – S’il réserve un don à quelques-uns de ses enfants ou les favorise, puis meurt avant d’y revenir :
– Ibn Mufliḥ a dit : « Et s’il en désigne certains (5) ou les privilégie — et l’on a dit : sans motif … »
(1) Minhaj as-Sunna, vol. 7, p. 382 ; vol. 8, p. 500 ; al-Ikhtiyarat de l’imam al-Ba‘li, p. 265.
(2) Dans sa Hachiya sur al-Furu‘, Ibn Qundus précise : « c’est-à-dire que son statut est celui de la vente, puisqu’elle admet l’option (khiyar), la préemption (shufa‘a) et autres règles propres à la vente. »
(3) Dans la même Hachiya, Ibn Qundus explique : « Son propos — et Dieu sait le mieux — est comparable à celui qui dirait : “Je t’ai vendu ceci sans contrepartie.” L’élément commun aux deux cas réside dans le fait que le prix est inhérent à la vente, alors que l’absence de contrepartie est propre à la donation (hiba). Supprimer le prix dans une vente entraîne sa nullité ; de même, mentionner une contrepartie dans une donation la vicie. »
(4) Fatâwa, vol. 31, pp. 283-284 ; al-Ikhtiyarat de l’imam al-Ba‘li, p. 265.
(5) C’est-à-dire : ses enfants.
باب الهبة
٩٠٢ - مكافأة من له يد أو نعمة عليه:
- قال ابن مفلح: (وكذا اختار شيخنا في «رد الرافضي» أن من العدل الواجب مكافأة من له يد أو نعمة ليجزيه بها) [الفروع ٤/ ٦٣٨ (٧/ ٤٠٦)] (١).
٩٠٣ - اقتضاء الهبة العوض:
- قال ابن مفلح: (وقيل: الهبة تقتضي عوضا، وقيل: مع عرف، فلو أعطاه ليعاوضه أو ليقضي له حاجة فلم يف: فكالشرط. واختاره شيخنا.
وإن شرطه معلومًا: صحت، كعارية، وقيل: بقيمتها بيعا (٢). وعنه: هبة. وقيل: لا يصح، كنفي ثمنٍ (٣) وكمجهول. وعنه: يصح فيه، ذكره شيخنا ظاهر المذهب) [الفروع ٤/ ٦٣٩ (٧/ ٤٠٦ - ٤٠٧)] (٤).
٩٠٤ - إذا خص بعض ولده أو فضله في العطية، ومات قبل رجوعه:
- قال ابن مفلح: (وإن خص بعضهم (٥) أو فضله ــ وقيل: لغير معنى
(١) «منهاج السنة» (٧/ ٣٨٢؛ ٨/ ٥٠٠)، «الاختيارات» للبعلي: (٢٦٥).
(٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: يكون حكمها حكم البيع من ثبوت الخيار والشفعة ونحو ذلك من أحكام البيع).
(٣) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (مراده ــ والله أعلم -: كما لو قال: بعتك هذا بلا ثمن، والجامع بينهما أن الثمن من مقتضى البيع، وعدم العوض من مقتضى الهبة، ونفي الثمن في البيع مفسد، فكذلك ذكر العوض في الهبة).
(٤) «الفتاوى» (٣١/ ٢٨٣ - ٢٨٤)، «الاختيارات» للبعلي: (٢٦٥).
(٥) أي: أولاده.