895 – Vente du *waqf* : 896 – Transfert et modification du *waqf* : – Ibn Mufliḥ écrit : « Il est interdit de le vendre, et de même de l’échanger (*manāqala*). ʿAlî b. Saʿîd rapporte : “On ne l’échange ni ne le vend, sauf lorsqu’il est dans un état qui ne permet plus d’en tirer profit.” Abû Tâlib rapporte : “Son état ne doit pas être modifié et il ne peut être vendu qu’à condition qu’aucun avantage n’en soit plus tiré.” Telle est aussi l’opinion des autres compagnons (de l’école). Notre Cheikh, toutefois, a permis ces deux opérations lorsqu’une utilité l’exige, considérant que cela relève par analogie du *hady* (l’offrande sacrificielle). Il en a fait l’un des avis retenus (1) concernant l’échange, et Aḥmad y a fait allusion. » [al-Furūʿ 4/622 (7/384)]. – Il ajoute : « Selon notre Cheikh, la majorité des savants ont autorisé de changer sa configuration pour une maslaha, par exemple transformer des maisons en boutiques ou la *ḥakura* bien connue (2). Il n’y a aucune différence, à cet égard, entre un bâtiment remplacé par un autre bâtiment, ou un terrain par un autre terrain (3). »
(1) Ibn Qandīs explique dans sa « Hāshiya ʿalā al-Furūʿ » que le changement de destination d’un waqf au profit exclusif du bénéficiaire, sans intérêt pour le waqf lui-même ni pour éviter un préjudice aux ayants droit, ne se justifie pas. L’auteur en traite au début du chapitre en citant l’avis de Cheikh Taqī-al-Dīn à ce sujet ; il y évoque notamment le creusement d’un canal, l’ouverture d’une porte, etc., repris dans la section intitulée « De celui qui concilie moyennant une compensation pour l’écoulement de l’eau ». Fin.

(2) Toujours dans sa « Hāshiya ʿalā al-Furūʿ », Ibn Qandīs observe que de nombreux waqf étaient initialement des vergers, qui furent par la suite clos et transformés en parcelles bâties abritant maisons et boutiques, sans que les savants n’en contestent la validité. C’est le cas, par exemple, du waqf de Masmara à Damas : à l’origine vergers, ces terrains furent clos puis aménagés en maisons et en boutiques, et les oulémas de l’époque ne s’y opposèrent pas.

(3) Dans la même « Hāshiya », il suggère que l’expression « aucune différence entre ériger une construction sur un arsa (terrain clos) et faire de cet arsa un bâtiment » signifie qu’on peut considérer la construction comme un arsa et l’arsa comme une construction. Cette explication est claire et confirmée par une autre version du manuscrit, qui précise que « les vergers sont des demeures ».
٨٩٥ - بيع الوقف: ٨٩٦ - ونقل الوقف وتغييره: - قال ابن مفلح: (ويحرم بيعه، وكذا المناقلة، نقله علي بن سعيد: لا يستبدل به ولا يبيعه إلا أن يكون بحال لا ينتفع به. ونقل أبو طالب: لا يغير عن حاله ولا يباع إلا أن لا ينتفع منه بشيء. وقاله الأصحاب، وجوزهما شيخنا لمصلحة، وأنَّه قياس الهدي، وذكره وجها (١) في المناقلة، وأومأ إليه أحمد) [الفروع ٤/ ٦٢٢ (٧/ ٣٨٤)]. - وقال أيضا: (قال شيخنا: جوَّز جمهور العلماء تغيير صورته لمصلحة، كجعل الدور حوانيت والحكورة المشهورة (٢)، ولا فرق بين بناء ببناء، وعرصة بعرصة (٣).
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (تغيير الوقف لمصلحة إن كانت المصلحة لنفس الموقوف عليه فقط لا لمصلحة الوقف، ولا لدفع الضرر عن الموقوف عليهم، فقد ذكر المصنف في أول الباب ما يتعلق بذلك من كلام الشيخ تقي الدين، وحفر الساقية وإحداث الباب ونحوه، ذكره المصنف في الصلح، فصل: من صولح بعوض على إجراء ماء) ا. هـ. (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (يريد بذلك أن كثيرا من الأوقاف كان بساتين، فأحكروها وجعلت بيوتا وحوانيت، ولم ينكر ذلك العلماء الأعيان، ومن ذلك وقف المسمارة بالشام، كان بساتين فأحكر وأعمل بيوتا وحوانيت، ولم ينكره علماء ذلك الزمان). (٣) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (لعله: «ولا فرق بين بناء بعرصة، وعرصة ببناء» أي: يجعل البناء عرصة، والعرصة بناء، وهذا واضح، وتُقوِّيه النسخة الأخرى، وهي: البساتين مساكن).