877 – Problème : Ibn Muflih écrit : « Si le fondateur stipule qu’aucun fâsiq (grand pécheur), sharîr (personne malfaisante), mutajawwah (mendiant faisant parade de piété) ou assimilé n’y soit accueilli, on applique sa condition. À défaut, il est défendable de considérer que l’on ne tient pas compte de ce critère pour les juristes et leurs semblables ; concernant l’imam et le muezzin, la question fait l’objet d’une divergence. Tel est le sens apparent de leurs propos et de ceux de notre shaykh en un passage. Il ajoute encore : Il n’est jamais permis d’installer un fâsiq dans une institution religieuse – école et autres – car il faut le réprouver et le sanctionner ; comment, dans ces conditions, pourrait-on l’y loger ? Et si un ayant droit a été installé conformément à la Loi, il n’est pas permis de l’en écarter sans motif juridique. » ⦗Al-Furūʿ 4/601 (7/359)⦘ (1). 878 – Toute personne investie d’une wilâya doit agir selon l’intérêt légitime : Ibn Muflih rapporte : « Notre shaykh a dit : Tout administrateur détenteur d’une wilâya, lorsqu’on affirme qu’il peut “faire ce qu’il veut”, ne saurait agir que dans un but conforme à la sharîʿa. Même si le fondateur déclare explicitement qu’il peut suivre ses seuls caprices et son opinion personnelle, la clause est nulle parce qu’elle contredit la Loi ; au mieux, elle relèverait d’une condition simplement permise, mais elle demeure nulle selon l’avis correct et réputé. Si deux options se valent, on tranche par tirage au sort ; et si, dans ce cas, certains admettent le choix discrétionnaire, l’opinion se conçoit. Il poursuit : Il incombe au nâẓir (administrateur) de déterminer l’intérêt, puis d’agir selon ce qui lui apparaît ; en cas de doute, s’il est savant et juste, son ijtihâd est recevable. Il conclut : Je ne connais aucune divergence sur le fait que quiconque répartit un bien doit rechercher l’équité et s’en tenir à ce qui satisfait le mieux Allah et Son Messager, qu’il tienne cette prérogative d’un mandat – comme l’imam ou le juge – ou d’un contrat – comme le nâẓir ou l’exécuteur testamentaire. » ⦗Al-Furūʿ 4/602 (7/360)⦘ (2).
(1) Selon Ibn Qundus, dans sa Hachiya sur al-Furuʿ : « L’éviction d’un manzil (d’un rang héréditaire) par la voie légitime ne peut se faire au moyen d’une voie non légitime. » (2) Fatawa, vol. 31, p. 67-69 ; Ikhtiyarat d’al-Baʿli, p. 255-256.
٨٧٧ - مسألة: - قال ابن مفلح: (وإن شرط أن لا ينزل فاسق وشرير ومتجوه ونحوه عمل به، وإلا توجه ألا يعتبر في فقهاء ونحوهم، وفي إمام ومؤذن الخلاف، وهو ظاهر كلامهم وكلام شيخنا في موضع. وقال أيضًا: لا يجوز أن ينزل فاسق في جهة دينية، كمدرسة وغيرها، مطلقًا، لأنه يجب الإنكار عليه وعقوبته، فكيف ينزل؟ وإن نزل مستحق تنزيلًا شرعيا لم يجز صرفه بلا موجب شرعي (١)) [الفروع ٤/ ٦٠١ (٧/ ٣٥٩)]. ٨٧٨ - كل متصرف بولاية عليه التصرف وفق المصلحة الشرعية: - قال ابن مفلح: (قال شيخنا: كل متصرف بولاية، إذا قيل: يفعل ما شاء، فإنما هو لمصلحة شرعية، حتى لو صرح الواقف بفعل ما يهواه وما يراه مطلقًا: فشرط باطل، لمخالفته الشرع، وغايته أن يكون شرطًا مباحًا، وهو باطل على الصحيح المشهور، حتى لو تساوى فعلان عمل بالقرعة، وإذا قيل هنا بالتخيير فله وجه. قال: وعلى الناظر بيان المصلحة، فيعمل بما ظهر، ومع الاشتباه إن كان عالمًا عادلًا سوغ له اجتهاده. قال: ولا أعلم خلافًا أن من قسم شيئًا يلزمه أن يتحرى العدل ويتبع ما هو أرضى لله ورسوله، استفاد القسمة بولاية، كإمام وحاكم، أو بعقد، كالناظر والوصي) [الفروع ٤/ ٦٠٢ (٧/ ٣٦٠)] (٢).
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (لا يعزل المنزل بالطريق الشرعي بغير طريق شرعي). (٢) «الفتاوى» (٣١/ ٦٧ - ٦٩)، «الاختيارات» للبعلي (٢٥٥ - ٢٥٦).