Et si l’on prétendait que la rémunération du professeur ne doit ni augmenter ni diminuer au gré de la hausse ou de la baisse des revenus, cette prétention serait nulle, car ces revenus leur appartiennent. Par analogie, l’équité impose de les traiter à égalité, même si leurs services diffèrent, à l’image de l’imam et de l’armée lors du partage du butin, surtout pour ceux qui prônent l’égalité dans la répartition du fayʾ (biens sans combat). Toutefois, l’usage a consacré un ordre de préséance ; l’on fait donc passer d’abord l’administrateur (qayyim) et ceux de sa catégorie, parce que ce qu’ils perçoivent relève du salaire, d’où l’interdiction pour eux de recevoir, sans clause expresse, plus que la rémunération habituelle de leurs pairs.
Notre shaykh a rapporté tout cela et a assimilé l’imam et le muezzin à l’administrateur, contrairement au professeur, à l’assistant et aux jurisconsultes, qui constituent un même groupe. Certains ont également mentionné qu’un professeur, des juristes, des étudiants en droit, un imam, un administrateur, et d’autres comparables se partagent le revenu à part égale ; cette opinion s’appuie sur les deux versions relatives au percepteur de la zakât, qu’on le rémunère sur le capital ou à titre de salaire) [Al-Furūʿ 4/595-596 (7/350-353)] (1).
866 – Si le revenu d’un waqf affecté à une mosquée est interrompu pendant une année :
Ibn Muflih rapporte : « Il a dit (2) : Si le revenu d’un waqf de mosquée cesse pendant une année, on répartit le loyer à venir sur cette année-là et sur l’année suivante afin que les fonctions soient assurées durant les deux années ; c’est préférable à l’inactivité totale, et l’allocation de l’imam ne doit pas être réduite parce qu’une partie de la récolte a manqué au cours de l’année.
Il a donc incorporé le revenu d’une année dans l’autre. Plus d’un parmi nous, à notre époque, a émis une fatwa stipulant que, lorsque la somme reçue chaque mois est inférieure à celle fixée par le fondateur, on la complète avec les revenus des mois suivants ; certains ont même rendu ce jugement après plusieurs années, tandis que j’en ai vu d’autres qui ne l’agréent pas) [Al-Furūʿ 4/596-597 (7/353-354)] (3).