et si rien ne lui a été stipulé, alors, selon l’analogie de l’école, si l’intéressé est connu pour recevoir un traitement régulier pour ce travail, il perçoit une allocation équivalente ; sinon, il ne touche rien. Quoi qu’il en soit, il a droit à sa rémunération à compter du moment où il a commencé à s’en occuper. C’est également l’opinion de notre shaykh.
Notre shaykh ajoute : lorsque le fondateur remet sans restriction le naẓar (supervision) à « un juge », cette formule englobe n’importe quel juge (1), que son école juridique coïncide ou non avec celle du juge du pays à l’époque du fondateur ; autrement, le juge se verrait privé de tout pouvoir de supervision lorsqu’il serait seul, ce qui est unanimement déclaré nul. Si un juge lui délègue la mission, il n’est pas permis à un autre de l’annuler ; et si deux juges désignent chacun un administrateur, la priorité revient à celui choisi par l’autorité suprême.
Notre shaykh poursuit : il n’est pas licite pour le fondateur d’exiger à perpétuité que la surveillance soit confiée à quelqu’un d’une école déterminée. Quand le waqf est destiné à un professeur et à des juristes, l’estimation de leurs émoluments revient d’abord au superviseur, puis, à défaut, au juge ; si le revenu augmente, l’excédent leur appartient. Décréter qu’un professeur ou un autre doive être prioritaire est nul ; nous ne connaissons personne faisant autorité qui l’ait soutenu, ni rien qui y ressemble, même si un juge venait à l’entériner (2). En effet, seule peut être appliquée une sentence émanant d’un juge compétent et portant sur une question relevant réellement de sa juridiction. Certes, la nécessité peut contraindre à exécuter le jugement d’un muqallid (imitateur), mais seulement s’il reste dans les limites du taqlîd et n’ose pas trancher une affaire qui, si elle était survenue du temps de ʿUmar – qu’Allah l’agrée –, aurait nécessité la consultation des gens de la choura. Cette sentence est nulle parce qu’elle contredit la condition stipulée et l’usage, lesquels ne la visent pas, et parce qu’elle statue sur un domaine qui échappe à la compétence du juge, le surplus n’existant pas encore. Ce n’est pas comparable au cas où le juge déclare : « L’exigence du fondateur implique telle chose », décision valable pour le présent comme pour l’avenir, puisqu’elle porte sur les effets du contrat de waqf. Fixer un montant ne découle pas d’une clause absolue, et l’évaluation faite par le superviseur n’est pas contraignante comme celle du juge ; lui ou un autre peuvent l’augmenter ou la diminuer si l’intérêt l’exige.