causé par ses frères, cela relevait uniquement d’un ordre qu’Allah – exalté soit-Il – lui avait donné, afin que l’Écriture atteigne son terme, que l’épreuve grâce à laquelle Youssouf et Yaʿqoub (qu’Allah leur fasse miséricorde) méritaient la pleine récompense et le plus haut rang arrive à son accomplissement, et que la sagesse d’Allah, qu’Il a décrétée et arrêtée, parvienne à son dénouement. Et, à supposer même que Youssouf (sur lui la paix) ait voulu, par cet acte, exercer sur eux une juste représaille, il n’y a là aucun point de discorde entre les savants : l’homme a le droit de châtier à la mesure de ce dont il a été châtié. Le désaccord ne porte que sur la question suivante : lui est-il permis de trahir comme on l’a trahi, ou de voler comme on l’a volé ? Or, l’affaire de Youssouf (sur lui la paix) n’entre pas dans cette catégorie. Certes, si Youssouf (sur lui la paix) avait retenu son frère sans un ordre divin, l’argument de celui qui s’y appuie aurait quelque apparence ; mais, même dans cette hypothèse, il n’aurait en réalité aucun fondement, car un tel procédé est unanimement interdit par notre Loi. Et si Youssouf avait pris son frère et l’avait gardé contre son gré, il se serait agi d’une épreuve provenant d’Allah pour la personne ainsi retenue, à l’instar de l’ordre adressé à Ibrâhîm (sur lui la paix) de sacrifier son fils ; la permission, dans ce cas, n’aurait reposé que sur une révélation particulière, semblable à celle adressée à Ibrâhîm pour immoler son fils. Quant à la sagesse voulue à l’égard du frère, elle aurait consisté à le mettre à l’épreuve afin qu’il obtienne le degré de patience face au jugement d’Allah et le contentement de Son décret ; sa situation aurait alors ressemblé à celle de son père, Yaʿqoub (sur lui la paix), lors de la séparation d’avec Youssouf (sur lui la paix). Cette compréhension est confirmée par le fait qu’Allah, glorifié soit-Il, rapporte à Lui-même ce stratagème en disant : « Ainsi Nous avons inspiré ce stratagème à Youssouf ; il n’aurait pu retenir son frère, selon la loi du roi, sans qu’Allah ne l’ait voulu. » (Coran 12 : 76). Le Très-Haut n’attribue à Son agir que les acceptions les meilleures : celles qui relèvent de la sagesse, de la vérité, de la droiture et de la juste rétribution de l’offenseur ; c’est là le summum de l’équité et de la justice, comme dans Ses paroles : « Ils complotent, et Moi Je prépare un complot. » (Coran 86 : 15-16) ; « Ils ont rusé, et Allah a déjoué leur ruse. » (Coran 3 : 54) ; « Allah Se moque d’eux. » (Coran 2 : 15) ; et dans Sa parole :
إخوته، فإنما ذلك أمر أمره الله تعالى به ليبلغ الكتاب أجله، ويتم البلاء الذي استحق به يوسف ويعقوب (رحمه الله) كمال الجزاء وعلو المنزلة، وتبلغ حكمة الله تعالى التي قدرها وقضاها نهايتها. ولو فرض أن يوسف (عليه السلام) قصد الاقتصاص منهم بما فعل= فليس هذا بموضع خلاف بين العلماء، فإن الرجل له أن يعاقب بمثل ما عوقب به، وإنما موضع الخلاف: هل له أن يخونه كما خانه، أو يسرقه كما سرقه؟ ولم تكن قصة يوسف (عليه السلام) من هذا النوع. نعم لو كان يوسف (عليه السلام) أخذ أخاه بغير أمره= لكان لهذا المحتج شبهة، مع أنه لا شبهة له أيضًا على هذا التقدير، فإن مثل هذا لا يجوز في شرعنا بالاتفاق، ولو كان يوسف قد أخذ أخاه واعتقله بغير رضاه: كان في هذا ابتلاء من الله تعالى لذلك المعتقل، كأمر إبراهيم (عليه السلام) بذبح ابنه، فيكون المبيح له على هذا التقدير وحيا خاصا، كالوحي إلى إبراهيم (عليه السلام) بذبح ابنه، وتكون حكمته في حق الأخ امتحانه وابتلاءه لينال درجة الصبر على حكم الله، والرضا بقضائه، ويكون حاله في هذا كحال أبيه يعقوب (عليه السلام) في احتباس يوسف (عليه السلام) عنه. وقد دل على هذا: نسبة الله سبحانه ذلك الكيد إلى نفسه بقوله: ﴿كَذَلِكَ كِدْنَا لِيُوسُفَ مَا كَانَ لِيَأْخُذَ أَخَاهُ فِي دِينِ الْمَلِكِ إِلَّا أَنْ يَشَاءَ اللَّهُ﴾ [يوسف: ٧٦] وهو سبحانه ينسب إلى نفسه أحسن هذه المعاني، وما هو منها حكمة وحق وصواب، وجزاء للمسيء، وذلك غاية العدل والحق، كقوله: ﴿إِنَّهُمْ يَكِيدُونَ كَيْدًا (١٥) وَأَكِيدُ كَيْدًا﴾ [الطارق: ١٥ ـ ١٦]، وقوله: ﴿وَمَكَرُوا وَمَكَرَ اللَّهُ﴾ [آل عمران: ٥٤]، وقوله: ﴿اللَّهُ يَسْتَهْزِئُ بِهِمْ﴾ [البقرة: ١٥]، وقوله: