recouvrer le dû ; il est, de même, subordonné à la connaissance de l’héritier. Ainsi, si quelqu’un meurt en laissant un parent agnatique lointain (ʿaṣaba) dont la filiation demeure inconnue, celui-ci n’héritera ni en ce bas-monde ni dans l’Au-delà. Cela vaut, de façon générale, pour le droit d’Allah. Quant au droit du serviteur, il est assujetti à la possibilité de savoir et de pouvoir agir ; ce qui est inconnu ou hors d’atteinte équivaut à l’inexistant. Le Prophète (sur lui la paix) a dit, lorsque le propriétaire d’un objet perdu ne peut être retrouvé : « C’est un bien d’Allah qu’Il accorde à qui Il veut. » Aḥmad a déclaré : « L’invocation tient lieu de talion ; quiconque invoque contre celui qui l’a lésé n’a pas fait preuve de patience », c’est-à-dire qu’il a pris sa revanche. Or Allah dit : « Mais quiconque endure et pardonne, voilà bien là une résolution exemplaire. » (Coran 42 : 43). Sa récompense en sera plus grande ; Allah l’honorera et ne l’avilira point. Et Allah est plus Savant. ⦗al-Furūʿ 4/527-528 (7/266-267)⦘ (1).
Voir également la question no 833.
838 – Se saisir de son droit auprès d’autrui sans le consentement de celui qui le doit :
– Ibn al-Qayyim a dit : « Certains juristes ont tiré de l’histoire de Youssouf la preuve qu’il est permis à une personne de récupérer son droit auprès d’autrui par tout moyen auquel elle peut accéder, même sans l’agrément de celui qui le doit.
Notre shaykh a répondu : Cette preuve est faible, car Youssouf (sur lui la paix) n’avait pas autorité pour retenir son frère auprès de lui sans l’assentiment de celui-ci, et ce frère ne faisait pas partie de ceux qui avaient lésé Youssouf, de sorte qu’on puisse dire qu’il s’en est vengé ; seuls les autres frères l’avaient fait. Certes, l’absence de leur frère leur causa de la peine – à cause de la douleur de leur père et du pacte qu’il avait exigé d’eux – et Yacoub avait ajouté dans ce pacte : « À moins que vous ne soyez totalement cernés » (Coran 12 : 66) ; or ils furent effectivement cernés. Quant à Youssouf, son intention en retenant son frère n’était pas de se venger de ses frères : il était trop noble pour cela, bien qu’il en ait résulté pour son père une souffrance plus grande que le tort