834 – Lorsqu’un usurpateur fait commerce du bien spolié, à qui reviennent les bénéfices ?
Ibn al-Qayyim déclare : « … De même, si le bien est resté des années entre ses mains alors que son propriétaire aurait pu le faire fructifier, la repentance de l’usurpateur consiste à restituer le capital ainsi que l’équivalent du profit dont il a privé le propriétaire. S’il a lui-même engrangé un bénéfice, on trouve trois avis :
– Selon le premier, l’ensemble du profit revient au propriétaire ; c’est l’avis d’ash-Shâfi‘î et l’opinion apparente d’Aḥmad, qu’Allah leur fasse miséricorde.
– D’après le second, il appartient en totalité au spoliateur ; tel est le point de vue d’Abû Ḥanîfa et de Mâlik, qu’Allah leur fasse miséricorde. De la même façon, si quelqu’un reçoit un dépôt en argent, l’investit et réalise un profit, celui-ci lui revient, tout en demeurant garant du capital.
– Le troisième avis veut que le bénéfice soit partagé entre les deux parties ; c’est une des versions attribuées à Aḥmad, qu’Allah lui fasse miséricorde, et la préférence de notre maître, qu’Allah lui fasse miséricorde. C’est la position la plus solide : la part du propriétaire est ajoutée au capital, puis le tout est versé en aumône (1). » ⦗Madârij al-sâlikîn 1/423⦘ (2).
835 – Si l’esclave s’enfuit et que son maître meurt avant son retour :
Ibn al-Qayyim relate : « Notre shaykh Abû al-‘Abbâs Ibn Taymiyya — qu’Allah sanctifie son âme — fut questionné par un shaykh qui lui dit : “Je me suis enfui de chez mon maître lorsque j’étais enfant ; jusqu’à présent il ignore où je suis, et je demeure esclave. Je crains Allah — Exalté soit-Il — et je souhaite m’acquitter du droit que mon maître détient encore sur ma personne. J’ai interrogé plusieurs muftis ; ils m’ont répondu : ‘Va t’asseoir dans le dépôt !’”
Notre shaykh se mit à rire et dit : “Fais aumône de ta valeur — à l’estimation la plus haute — pour ton maître, …”