818 – Garantie de l’usurpateur quant au bien usurpé :
Ibn Muflih affirme : « Lorsqu’il s’agit d’un bien fongible vendu au volume ou au poids qui a péri – qu’il se soit perdu ou que l’usurpateur l’ait détruit –, celui-ci doit en rendre un équivalent en nature (…) ; s’il s’agit d’un autre type de bien, il en rembourse la valeur au jour de la perte, ainsi que l’ont rapporté les maîtres. D’après une autre version, c’est la valeur du jour de l’usurpation ; selon une troisième, il s’acquitte du montant le plus élevé des deux ; selon une quatrième, tout bien usurpé doit être restitué par un équivalent en nature. Cette dernière opinion est également celle d’Ibn Abî Mousa – mentionnée par plusieurs –, notre maître l’a retenue et l’a étayée par la portée générale de cette parole divine : « Remettez à ceux dont les épouses se sont éloignées un bien équivalent à ce qu’ils avaient dépensé. » [Sourate 60 : 11]. » ⦗al-Furûʿ 4/507 (7/240-241)⦘ (1).
819 – Lorsque l’usurpateur prétend que le bien a péri :
Ibn Muflih dit : « Selon l’avis le plus sûr, on accepte la déclaration de l’usurpateur concernant la disparition du bien, et le propriétaire peut alors lui réclamer un substitut. D’autres estiment qu’on ne l’accepte pas, car il ne fait que l’alléguer, et il n’existe pas de talion pour les biens, comme lorsqu’on déchire un vêtement. Ismâʿîl et Mûsâ ont rapporté qu’il a le choix ; c’est l’opinion adoptée par notre maître. » ⦗al-Furûʿ 4/508 (7/242)⦘ (2).
820 – Si le bien usurpé peut être donné en location :
Ibn Muflih déclare : « S’il s’agit d’un bien dont la location est licite, l’usurpateur doit en verser le loyer usuel ; l’Imâm l’a explicitement affirmé dans plusieurs affaires, car il en retire un bénéfice d’usage (3). Ibn al-Hakam a toutefois rapporté qu’il n’y est jamais tenu (4), tandis que le texte apparent d’al-Mubhij indique… »