Chapitre de l’usurpation
815 – Question :
816 – Le semis réalisé sans l’autorisation de l’associé :
Ibn Muflih rapporte : « Notre maître a dit : lorsque quelqu’un sème sans l’autorisation de son associé et qu’il est d’usage que celui qui cultive obtienne une part déterminée tandis que le propriétaire du sol reçoit la sienne, on partage la récolte produite sur la portion de terrain appartenant à l’associé selon cette même proportion. Il ajouta : si l’un des deux réclame à l’autre de cultiver avec lui ou de conclure un accord d’alternance (muhâya’a) et que celui-ci refuse, le premier recueille la récolte correspondant à sa propre quote-part, sans payer de loyer (1), à l’image d’une maison indivise dans laquelle un bâtiment a été édifié ; l’un des copropriétaires peut l’habiter lorsque l’autre s’abstient de remplir son obligation. Ibn ʿAqil et d’autres ont toutefois estimé que la récolte revient au propriétaire du terrain, comme le fœtus appartient à la mère ; la semence, en effet, n’a pas de valeur marchande, contrairement à la graine. C’est ce qu’a rappelé notre maître. » ⦗al-Furûʿ 4/500 (7/233-234)⦘ (2).
817 – Garantie de la dépréciation du bien usurpé :
Ibn Muflih déclare : « L’usurpateur est tenu d’indemniser toute dépréciation, fût-ce la simple pousse de la barbe d’un adolescent imberbe ou la section de la queue d’un âne. Selon une autre version, il doit indemniser l’esclave, ou une partie de celui-ci, suivant une estimation – et même une mèche de cheveux d’un homme libre – par un pourcentage équivalent de sa valeur, comme s’il avait commis un délit à son encontre. Une troisième narration stipule : à hauteur exacte de la diminution subie ; c’est l’avis retenu par al-Khallâl, l’auteur d’al-Mughnî, d’al-Targhîb, ainsi que par notre maître. » ⦗al-Furûʿ 4/502-503 (7/236)⦘ (3).
(1) Dans sa Hachiya 'ala al-Furu', Ibn Qundus note que ce que l'auteur rapporte ici d'Abu al-Abbas figure également dans al-Ikhtiyarat, puis il ajoute qu'Abu al-Abbas y examine ailleurs la question de l’idhn (autorisation) du wali al-amr.
(2) Al-Ikhtiyarat de al-Bali, p. 293 ; voir aussi Al-Fatawa, vol. 30, p. 143-145.
(3) Al-Ikhtiyarat de al-Bali, p. 236.
باب الغصب
٨١٥ - مسألة:
٨١٦ - والزرع بلا إذن شريكه:
- قال ابن مفلح: (وقال شيخنا فيمن زرع بلا إذن شريكه والعادة بأن من زرع فيها له نصيب معلوم ولربها نصيب: قسم ما زرعه في نصيب شريكه كذلك، قال: ولو طلب أحدهما من الآخر أن يزرع معه أو يهايئه فأبى فللأول الزرع في قدر حقه بلا أجرة (١)، كدار بينهما فيها بنيان سكن أحدهما عند امتناعه مما يلزمه، واختار ابن عقيل وغيره: أنه لرب الأرض كالحمل لرب الأم، لكن المنيّ لا قيمة له، بخلاف البذر، ذكره شيخنا) [الفروع ٤/ ٥٠٠ (٧/ ٢٣٣ - ٢٣٤)] (٢).
٨١٧ - ضمان نقص المغصوب:
- قال ابن مفلح: (ويلزمه ضمان نقصه، ولو بنبات لحية أمرد، أو قطع ذنب حمار، وعنه: يضمن رقيقًا، أو بعضه بمقدَّر ولو شعرًا من حُرٍّ بمقدَّر من قيمته، كجنايته عليه، وفيها رواية: بما نقص، اختارها الخلال، وصاحب «المغني»، و «الترغيب»، وشيخنا) [الفروع ٤/ ٥٠٢ ــ ٥٠٣ (٧/ ٢٣٦)] (٣).
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (الذي نقله المصنف هنا عن أبي العباس، نقله عنه أيضا في «الاختيارات»، ثم قال: واعتبر أبو العباس في موضع آخر إذن ولي الأمر).
(٢) «الاختيارات» للبعلي (٢٩٣)، وانظر: «الفتاوى» (٣٠/ ١٤٣ - ١٤٥).
(٣) «الاختيارات» للبعلي (٢٣٦).