Chapitre du dépôt (wadîʿa)
812 – Lorsqu’un dépositaire confie le bien déposé à un tiers sans motif légitime :
– Ibn Muflih dit : « S’il le remet à quelqu’un d’autre sans excuse, il en répond (1) et toute perte reste à sa charge. Si le second dépositaire en a connaissance, la responsabilité se déplace sur lui. D’après une autre version, le second n’est pas tenu s’il était ignorant ; c’est l’avis retenu par notre maître. Une opinion – également retenue par notre maître – l’assimile au détenteur d’un gage. On peut encore déduire, par analogie avec le cas d’un mandataire qui mandate à son tour un autre mandataire, qu’il lui serait permis de re-déposer le bien sans excuse particulière. » [al-Furûʿ 4/482 (7/213)] (2).
813 – Si le dépositaire emploie un scribe traître ou incompétent :
– Ibn Muflih déclare : « S’il engage un scribe perfide ou incapable, il commet un péché pour les droits des gens ainsi perdus, en raison de sa négligence ; c’est ce qu’a exposé notre maître. » [al-Furûʿ 4/487 (7/219)] (3).
814 – Si un émir lui confie ses biens et qu’il redoute l’entourage de ce dernier :
– Ibn Muflih affirme : « Celui à qui un émir confie sa fortune et qui craint que, s’il les prive de leurs habitudes antérieures, les membres de son entourage ne s’emparent du dépôt, doit faire tout ce qui est en son pouvoir ; c’est plus avantageux pour l’émir que de charger un autre gardien qui, lui, profiterait avec eux, d’autant que leur prélèvement possède déjà une certaine apparence de légitimité. » [al-Furûʿ 4/491 (7/222)] (4).
(1) Comme dans l’édition 1, l’édition 2 et dans Al-Insaf (vol. 16, p. 30) : [implicite « damman »]. Il semble que la lecture correcte soit celle-ci. Al-Ba‘lī écrit dans Al-Ikhtiyārāt : « Et si le déposant (al-mudaʿīʿ) remet [le bien] sans motif, il est garant (damman), tandis que le second dépositaire n’encourt pas de garantie s’il l’ignore. Cette formule est rapportée d’après Ahmad, de même pour le nantisseur (al-murtaḥin), et c’est l’un des avis du madhhab. » Fin de citation.
(2) Al-Ikhtiyārāt d’Al-Ba‘lī, p. 244.
(3) Al-Fatāwā (vol. 30, p. 52) ; Al-Ikhtiyārāt d’Al-Ba‘lī, p. 206.
(4) Al-Ikhtiyārāt d’Al-Ba‘lī, p. 206.
باب الوديعة
٨١٢ - إذا أودع المودَع بلا عذر:
- قال ابن مفلح: (وإن أودعها بلا عذر ضمنها (١)، وقراره عليه، فإن علم الثاني فعليه، وعنه: لا يضمن الثاني إن جهل، اختاره شيخنا، كمرتهن، في وجه، واختاره شيخنا، ويتوجه تخريج رواية من توكيل الوكيل: له الإيداع بلا عذر) [الفروع ٤/ ٤٨٢ (٧/ ٢١٣)] (٢).
٨١٣ - إذا استعمل المُودَع كاتبا خائنا أو عاجزا:
- قال ابن مفلح: (وإن استعمل كاتبا خائنا أو عاجزًا أثم بما أذهب من حقوق الناس، لتفريطه، ذكره شيخنا) [الفروع ٤/ ٤٨٧ (٧/ ٢١٩)] (٣).
٨١٤ - إذا استأمنه أمير على ماله فخشي من حاشيته:
- قال ابن مفلح: (ومن استأمنه أمير على ماله فخشي من حاشيته إن منعهم من عادتهم المتقدمة: لزمه فعل ما يمكنه، وهو أصلح للأمير من تولية غيره، فيرتع معهم، لا سيما وللأخذ شبهة، ذكره شيخنا) [الفروع ٤/ ٤٩١ (٧/ ٢٢٢)] (٤).
(١) كذا في ط ١، وط ٢، وفي «الإنصاف» (١٦/ ٣٠): (ضمنا)، ولعل الصواب ما هنا, قال البعلي في «الاختيارات»: (ولو أودع المودع بلا عذر ضمن, والمودع الثاني لا يضمن إن جهل, وهو رواية عن أحمد, وكذا المرتهن منه, وهو وجه في المذهب) ا. هـ.
(٢) «الاختيارات» للبعلي (٢٤٤).
(٣) «الفتاوى» (٣٠/ ٥٢)، «الاختيارات» للبعلي (٢٠٦).
(٤) «الاختيارات» للبعلي (٢٠٦).