Chapitre du prêt d’usage 806 – Statut du prêt d’usage : 807 – Cas où l’on est contraint de loger dans la maison d’autrui faute d’alternative : Ibn al-Qayyim a dit : « Si l’on suppose qu’un groupe de gens est obligé d’habiter la demeure de quelqu’un parce qu’ils n’en trouvent pas d’autre, ou de descendre dans une auberge appartenant à autrui, ou d’emprunter des vêtements pour se protéger du froid, ou une meule pour moudre, ou un seau pour puiser l’eau, ou une marmite, une hache, ou tout objet similaire, son propriétaire est tenu de le leur fournir sans contestation. Reste à savoir s’il peut en tirer un loyer ; les savants ont à ce sujet deux avis, que l’on retrouve chez les disciples d’Aḥmad. Ceux qui l’y autorisent lui interdisent néanmoins d’exiger plus que la rémunération usuelle. Notre shaykh a dit : l’avis correct est qu’il doit le céder gratuitement (1), comme l’indiquent le Livre et la sunna. Le Très-Haut dit : « Malheur donc aux prieurs, qui sont négligents à l’égard de leur prière, qui ne recherchent que l’ostentation, et qui refusent le maʿûn. » (S. al-Maʿûn 4-7). Ibn Masʿûd, Ibn ʿAbbâs et d’autres Compagnons ont expliqué que le maʿûn correspond [au prêt] (2) de la marmite, du seau, de la hache et de choses analogues. Dans les deux Ṣaḥîḥ, il est rapporté du Prophète ﷺ — à propos des chevaux — qu’il a dit : « Pour un homme, ils sont source de récompense ; pour un autre, une protection ; et, pour un troisième, un péché. Celui pour qui ils sont récompense est celui qui les tient attachés dans la voie d’Allah. Quant à celui pour qui ils sont protection (3), c’est l’homme qui les tient attachés par aisance et retenue, sans négliger le droit… »
(1) Dans «al-Fatawa», ajout : «si son propriétaire n’a plus besoin de ce bénéfice et qu’il en reçoit une compensation». (2) Dans le manuscrit original, le terme iada (restitution) ; dans l’édition des «al-Fatawa», ariya (prêt à usage). (3) La mention de «farjal rabataha» à partir de ce point a été omise dans l’édition imprimée des «al-Fatawa».
باب العارية ٨٠٦ - حكم العارية: ٨٠٧ - والاضطرار إلى السكنى في بيت إنسان لا يجد غيره: - قال ابن القيم: (فإذا قدر أن قوما اضطروا إلى السكنى في بيت إنسان لا يجدون سواه، أو النزول في خان مملوك، أو استعارة ثياب يستدفئون بها، أو رحى للطحن، أو دلو لنزع الماء، أو قدر أو فأس، أو غير ذلك= وجب على صاحبه بذله بلا نزاع، لكن هل له أن يأخذ عليه أجرا؟ فيه قولان للعلماء، وهما وجهان لأصحاب أحمد، ومن جوَّز له أخذ الأجرة حرَّم عليه أن يطلب زيادة على أجرة المثل. قال شيخنا: والصحيح أنه يجب عليه بذل ذلك مجانا (١)، كما دل عليه الكتاب والسنة، قال تعالى: ﴿فَوَيْلٌ لِلْمُصَلِّينَ (٤) الَّذِينَ هُمْ عَنْ صَلَاتِهِمْ سَاهُونَ (٥) الَّذِينَ هُمْ يُرَاءُونَ (٦) وَيَمْنَعُونَ الْمَاعُونَ﴾ [الماعون: ٤ ـ ٧]. قال ابن مسعود، وابن عباس، وغيرهما من الصحابة: هو [إعارة] (٢) القدر والدلو والفأس ونحوهما. وفي «الصحيحين» عن النبي ﷺ ـ وذكر الخيل ـ، قال: «هي لرجل أجر، ولرجل ستر، وعلى رجل وزر، فأما الذي هي له أجر: فرجل ربطها في سبيل الله، وأما الذي هي له ستر (٣): فرجل ربطها تغنيا وتعففا، ولم ينس حق
(١) في «الفتاوى» زيادة: (إذا كان صاحبها مستغنيا عن تلك المنفعة وعوضها). (٢) في الأصل: (إعادة)، وفي «الفتاوى»: (عارية). (٣) من قوله: (فرجل ربطها) إلى هنا سقط من مطبوعة «الفتاوى».