et son caractère répréhensible ; mais il était indispensable d’autoriser le sabaq (la mise/récompense), comme le Prophète ﷺ l’a autorisé, et aucun texte n’interdit que la somme soit fournie par les deux parties. Le grand savant de son époque déclara d’ailleurs : « Un contrat dépourvu de muḥallil est du qimâr (jeu d’argent). » C’est ainsi que cette opinion s’est propagée ; Allah sait mieux. [Al-Furūsiyya 341-342]
– Ibn Mufliḥ a écrit : « Il est illicite que la contrepartie provienne des deux concurrents, sauf s’il y a un muḥallil qui ne verse rien et qui soit leur égal pour la monture et le tir. S’il les devance tous deux, il empoche leurs deux mises ; s’ils le devancent, il n’obtient rien et l’un d’eux recueille les deux mises. En présence du muḥallil, il suffit que l’un seulement l’emporte pour que les deux mises aillent aux deux concurrents. Imâm Aḥmad l’a explicitement établi (1), et un seul muḥallil suffit. Al-Āmidī ajoute qu’il n’est pas permis d’en avoir plus d’un, la nécessité étant déjà couverte. Al-Riʿāya rapporte toutefois une autre opinion : on pourrait en prévoir davantage. Notre shaykh, pour sa part, a opté pour l’absence totale de muḥallil ; cela est plus équitable que de faire porter la mise à un seul concurrent et sert mieux l’objectif de chacun, qui est de démontrer l’incapacité de l’autre. En effet, le maysir et le qimâr n’ont pas été interdits uniquement à cause de la prise de risque, mais parce qu’ils constituent une consommation illicite des biens d’autrui, ou du moins comportent un risque qui mène à cette injustice.
Un groupe de savants a déclaré faible le ḥadith d’Abû Hurayra relatif au muḥallil, car il est transmis par Sufyân ibn Ḥusayn et Saʿîd ibn Bashîr d’après al-Zuhrî, or tous deux sont faibles dans cette chaîne. Les maîtres parmi les élèves d’al-Zuhrî le rapportent d’ailleurs de lui, d’après Ibn al-Musayyib, comme une simple parole de ce dernier.
Il (Ibn Mufliḥ) dit encore : « Si l’un des deux consent librement à donner un prix à l’autre, il n’y a pas de péché. » Il ajouta : « Si un tiers fixe la récompense pour l’un des deux seulement en cas de victoire, en excluant l’autre, cela n’est pas permis, car ce serait une injustice. »
Si le sponsor déclare : « À celui qui devance les autres ou atteint la cible (2) — dix pièces », le contrat n’est pas valide lorsqu’il n’y a que deux concurrents. S’ils sont plus nombreux, ou s’il dit : « Et à celui qui atteint la cible — cinq pièces », le contrat est valable.