En revanche, le pari portant sur ce qui met en lumière les étendards de l’islam, ses preuves et ses arguments – comme l’avait fait al-Ṣiddîq – relève de la plus haute vérité ; il mérite d’autant plus d’être autorisé que le pari sur les pointes de flèche, et il surpasse encore les courses de chevaux ou de chameaux, dont l’effet sur la religion reste moindre. Car la religion se fonde (1) sur l’argument et la démonstration, mais aussi sur l’épée et la lance ; or, le premier objectif est de l’établir par la preuve, tandis que l’épée n’en est que l’exécutrice. Ils disent : puisque le Législateur a permis le pari dans le tir à l’arc et les courses de chevaux et de chameaux, afin de stimuler l’apprentissage de l’art équestre et la préparation de la force en vue du jihâd, il est à plus forte raison permis dans la compétition et l’émulation pour la science et l’argument, par lesquels les cœurs s’ouvrent, l’islam s’affermit et ses bannières se dressent. Tel est l’avis des disciples d’Abû Ḥanîfa et de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. [Al-Furûsiyya, 97] – Ibn al-Qayyim dit encore : « La compétition assortie d’une récompense pour la mémorisation du Coran, du hadith, du fiqh ou d’autres sciences utiles, ainsi que pour la justesse dans les questions juridiques : est-elle licite ? Les disciples de Mâlik, d’Aḥmad et d’al-Shâfiʿî l’ont interdite, tandis que ceux d’Abû Ḥanîfa et notre shaykh l’ont autorisée. » [Al-Furûsiyya, 318] – Ibn Mufliḥ rapporte : « Le corps-à-corps, la course à pied et autres exercices similaires constituent un acte d’obéissance lorsqu’on vise par là à faire triompher l’islam ; percevoir la récompense qui y est liée revient donc à prendre ce qui est dû. Toute compétition licite devient ainsi permise avec mise lorsqu’elle profite à la religion, comme dans le pari d’Abû Bakr. C’est l’opinion retenue par notre shaykh, qui la considère comme l’une des deux positions possibles, se fondant sur ce qu’a mentionné Ibn al-Bannâʾ ; de ses propos, il ressort que le pari sur la science est permis – conformément à la position des ḥanafites – puisque la religion se maintient par le jihâd et par le savoir. » [Al-Furûʿ 4/461-462 (7/190)] (2).
(1) Tel quel dans l’original ; il se peut qu’il faille lire qâma (il se leva). (2) Ba'li, al-Ikhtiyarat, p. 233 ; voir également al-Fatawa (vol. 32, p. 227). Il écrit : « J’ai dit : il apparaît que l’on admet le rahn (gage) en matière de science, conformément à l’avis des Hanafites sur l’affermissement de la religion par le jihad et la science. Dieu sait mieux. » Fin de citation.
في الدين، وأما الرهان على ما فيه ظهور أعلام الإسلام وأدلته وبراهينه ــ كما قد راهن عليه الصديق ــ فهو من أحق الحق، وهو أولى بالجواز من الرهان على النصال، وسباق الخيل والإبل أدنى، وأثر هذا في الدين أقوى، لأن الدين قال (١) بالحجة والبرهان، وبالسيف والسنان، والمقصد الأول إقامته بالحجة، والسيف منفذ. قالوا: وإذا كان الشارع قد أباح الرهان في الرمي والمسابقة بالخيل والإبل لما في ذلك من التحريض على تعلم الفروسية وإعداد القوة للجهاد، فجواز ذلك في المسابقة والمبادرة إلى العلم والحجة التي بها تفتح القلوب ويعز الإسلام وتظهر أعلامه أولى وأحرى، وإلى هذا ذهب أصحاب أبي حنيفة، وشيخ الإسلام ابن تيمية) [الفروسية ٩٧]. - وقال أيضا: (المسابقة على حفظ القرآن والحديث والفقه، وغيره من العلوم النافعة، والإصابة في المسائل، هل تجوز بعوض؟ منعه أصحاب مالك وأحمد والشافعي؛ وجوَّزه أصحاب أبي حنيفة وشيخنا) [الفروسية ٣١٨]. - وقال ابن مفلح: (والصراع والسبق بالأقدام ونحوهما طاعة إذا قصد به نصر الإسلام، وأخذ السبق عليه أخذ بالحق، فالمغالبة الجائزة تحل بالعوض إذا كانت مما ينفع في الدين، كما في مراهنة أبي بكر، اختار ذلك شيخنا، وقال: إنه أحد الوجهين، معتمدًا على ما ذكره ابن البنا، وظاهره جواز الرهان في العلم، وفاقا للحنفية لقيام الدين بالجهاد والعلم) [الفروع ٤/ ٤٦١ ــ ٤٦٢ (٧/ ١٩٠)] (٢).
(١) كذا بالأصل، ولعلها: (قام). (٢) «الاختيارات» للبعلي (٢٣٣)، انظر: «الفتاوى» (٣٢/ ٢٢٧). وقال البعلي: (قلت: وظاهر ذلك جواز الرهان في العلم، وفاقا للحنفية لقيام الدين بالجهاد والعلم، والله أعلم) ا. هـ.