les sanctions pécuniaires de façon plus générale ; car, s’il est permis de le châtier par une somme prélevée sur ses biens – somme qu’on lui fait perdre et dont on l’écarte –, il est à plus forte raison justifié qu’on ne statue pas en sa faveur pour l’argent qu’il a engagé dans la désobéissance et qu’on l’empêche de le récupérer. Par Allah se réalise la réussite. » [Aḥkām Ahl al-Dhimmah 1/275-284]. — Il a également dit : « Aḥmad a déclaré expressément, dans le récit d’Abû al-Naḍr, au sujet de celui qui transporte du vin, du porc ou une bête morte pour un chrétien : « Je réprouve qu’il consomme le salaire qu’il en tire, mais l’on statue en faveur du porteur pour qu’il perçoive sa rétribution ; et si le bénéficiaire est un musulman, c’est encore plus répréhensible. » Les disciples d’Aḥmad ont divergé sur ce texte selon trois démarches : 1. La première consiste à le prendre tel quel et à considérer qu’il ne s’agit que d’une seule version. Ibn Abî Mûsâ a dit : Aḥmad juge qu’il est blâmable qu’un musulman se loue pour transporter une bête morte ou du porc à un chrétien ; s’il l’a fait, on lui alloue son salaire, mais ce revenu lui est-il licite ou non ? Deux avis ; le plus solide veut qu’il ne lui soit pas licite et qu’il en fasse aumône… (1). Après avoir exposé la deuxième et la troisième voie, Ibn al-Qayyim conclut : « Notre shaykh estime que la voie la plus plausible est celle d’Ibn Abî Mûsâ ; autrement dit, on lui accorde la rétribution même si l’avantage procuré est illicite, mais il ne lui est pas permis d’en jouir. Cette opinion est la plus conforme à l’intention d’Aḥmad et la mieux étayée par l’analogie, car le Prophète ﷺ a maudit celui qui presse le vin, celui pour qui on le presse, celui qui le porte et celui à qui on le porte ; or, le pressoir et le porteur ont traité contre une utilité qui mérite
(1) Tel quel. Nous avons déjà cité cette phrase extraite d’al-Irshâd dans l’ouvrage Ahkâm Ahl adh-Dhimmâ (« Règles applicables aux gens du pacte ») sous cette forme : « Ahmad jugeait déconseillable qu’un musulman loue ses services pour porter une carcasse (mayta) ou un porc pour un chrétien ; s’il le faisait, on statuerait néanmoins en sa faveur pour le tarif convenu. Et s’il louait ses services pour transporter une chose illicite (muḥarram) pour un musulman, la réprobation était plus grande, tout en percevant le paiement. Se pose alors la question : est-ce admissible ? Deux réponses sont envisageables. » Ce passage est conforme à ce que l’on trouve dans Iqtidâ’ as-Sirât al-Mustaqîm.
العقوبات المالية أطرد، فإنه إذا جاز عقوبته بمال ينزع منه يفسده عليه ويحول بينه وبينه فأن لا يقضى له بمال أخرجه في المعصية ويمنع من استرجاعه أولى وأحرى، وبالله التوفيق) [أحكام أهل الذمة ١/ ٢٧٥ - ٢٨٤]. - وقال أيضا: (وقد نص أحمد في رواية أبي النضر فيمن حمل خمرا أو خنزيرا أو ميتة لنصراني: أكره أكل كرائه، ولكن يقضى للحمال بالكراء, وإذا كان لمسلم فهو أشد كراهة. فاختلف أصحابه في هذا النص على ثلاث طرق: إحداها: إجراؤه على ظاهره، وأن المسألة رواية واحدة، قال ابن أبي موسى: وكره أحمد أن يؤجر المسلم نفسه لحمل ميتة أو خنزير لنصراني، فإن فعل قضي له بالكراء، وهل يطيب له أم لا؟ على وجهين، أوجههما أنه لا يطيب له، وليتصدق به ... (١). إلى أن قال ابن القيم ــ بعد أن ذكر الطريقة الثانية والثالثة -: قال شيخنا: والأشبه طريقة ابن أبي موسى ــ يعني أنه يقضى له بالأجرة وإن كانت المنفعة محرمة، ولكن لا يطيب له أكلها -، فإنها أقرب إلى مقصود أحمد، وأقرب إلى القياس، وذلك لأن النبي ﷺ لعن عاصر الخمر ومعتصرها وحاملها والمحمولة إليه، فالعاصر والحامل قد عاوضا على منفعة تستحق
(١) كذا، وتقدم نقل هذه العبارة عن «الإرشاد» من كتاب «أحكام أهل الذمة» بهذه الصيغة: (وكره أحمد أن يؤجر المسلم نفسه لحمل ميتة أو خنزير لنصراني، فإن فعل قضي له بالكراء، وإن أجر نفسه لحمل محرم لمسلم كانت الكراهية أشد، ويأخذ الكراء، وهل يطيب له؟ على وجيهن) وهو موافق لما في «اقتضاء الصراط المستقيم».