jusqu’à ce qu’il déclare : « Si l’on objecte : al-Khallâl rapporte ceci : Abû Naṣr (1) Ismâʿîl ibn ʿAbd Allâh ibn Maymûn al-ʿAjlî m’a raconté que Abû ʿAbd Allâh, interrogé au sujet d’un homme qui transporte du vin, du porc ou une bête morte pour des chrétiens, a dit : “Il est réprouvé de consommer le salaire ainsi perçu, mais le porteur se voit néanmoins adjuger son dû. Si c’est pour un musulman, la réprobation est encore plus forte.” »
On a alors rapporté que les compagnons de l’école ont divergé, à propos de ce texte, selon trois démarches.
La première consiste à prendre la formulation à la lettre et à considérer qu’il n’existe qu’un seul récit sur la question. Ibn Abî Mûsâ écrit dans l’Irshâd : « Aḥmad a réprouvé que le musulman se loue pour transporter une bête morte ou du porc à un chrétien ; s’il le fait, son salaire lui est adjugé. S’il se loue pour transporter une chose illicite à un musulman, la réprobation est plus sévère ; il touche néanmoins son salaire. Celui-ci lui est-il licite ? Deux avis sont mentionnés, le plus solide affirmant qu’il ne l’est pas ; qu’il en fasse donc aumône… »
Puis — après avoir exposé la deuxième et la troisième voie — Ibn al-Qayyim ajoute : « Notre Shaykh a déclaré que l’opinion la plus plausible est celle d’Ibn Abî Mûsâ, car elle est la plus conforme à l’intention d’Aḥmad et la plus proche de l’analogie. En effet, le Prophète ﷺ a maudit le pressoir du vin, celui pour qui on le presse, son porteur et celui vers qui on le porte. Or, le presseur et le porteur ont fourni une prestation qui mérite rémunération et qui, en soi, n’est pas illicite ; elle ne l’est devenue qu’en raison de l’intention de celui qui le fait presser ou de celui qui le transforme (2)(3), si bien que…"
(1) Le cheikh Subhi al-Ṣāliḥ, éditeur d’Ahkām Ahl adh-Dhimm : dans l’édition originale figure « Abū an-Naṣr » avec un sāḍ, alors que la forme correcte — comme l’indique Tabaqāt al-Ḥanābila, p. 64 — est « Abū an-Naḍr » avec un ḍād. Il est le transmetteur marwazī de l’original et rapporte de l’imām Aḥmad de nombreuses questions. Voir également supra, p. 568.
(2) Dans al-Iqtiḍāʾ : liʾan (« parce que »).
(3) Idem, et dans al-Iqtiḍāʾ : wa al-mustahmil.
إلى أن قال: فإن قيل: فقد قال الخلال: أخبرني أبو نصر (١) إسماعيل بن عبد الله بن ميمون العجلي قال: قال أبو عبد الله فيمن حمل خمرا أو خنزيرا أو ميتة لنصارى: يكره أكل كرائه، ولكنه يقضى للحمال بالكراء، وإذا كان للمسلم فهو أشد كراهية.
قيل: اختلف الأصحاب في هذا النص على ثلاث طرق:
إحداها: إجراؤه على ظاهره، وأن المسألة رواية واحدة، قال ابن أبي موسى في «الإرشاد»: وكره أحمد أن يؤجر المسلم نفسه لحمل ميتة أو خنزير لنصراني، فإن فعل قضي له بالكراء، وإن أجر نفسه لحمل محرم لمسلم كانت الكراهية أشد، ويأخذ الكراء، وهل يطيب له؟ على وجهين، أوجههما أنه لا يطيب له، وليتصدق به ...
إلى أن قال ابن القيم ــ بعد أن ذكر الطريقة الثانية والثالثة -: قال شيخنا: والأشبه طريقة ابن أبي موسى، فإنها أقرب إلى مقصود أحمد، وأقرب إلى القياس، وذلك أن (٢) النبي ﷺ لعن عاصر الخمر ومعتصرها وحاملها والمحمولة إليه، فالعاصر والحامل قد عاوضا على منفعة تستحق العوض وليست محرمة في نفسها، وإنما حرمت بقصد المعتصر والمستحيل (٣)، فهو
(١) قال الشيخ صبحي الصالح محقق «أحكام أهل الذمة»: (كذا في الأصل «أبو النصر» بالصاد المهملة، وصوابه ــ كما في طبقات الحنابلة ٦٤ ــ: «أبو النضر» بالضاد المعجمة، وهو مروذي الأصل، نقل عن الإمام أحمد مسائل كثيرة) ا. هـ. وانظر ما يأتي (ص ٥٦٨).
(٢) في «الاقتضاء»: (لأن).
(٣) كذا، وفي «الاقتضاء»: (والمستحمل).