le motif autorisant le contrat. Bien au contraire, cette catégorie même de biens corporels qui apparaissent peu à peu mérite d’autant plus l’autorisation, car les corps sont plus parfaits que leurs seules qualités. Et si l’on pousse cette analogie jusqu’au bout, il est tout aussi permis de louer un animal — autre qu’un être humain — pour qu’il allaite, la nécessité l’exigeant tout autant que pour la nourrice humaine, laquelle est rétribuée en nourriture et en vêtement. De même, il est licite d’engager une nourrice animale en contrepartie de son fourrage. Lorsqu’un contrat porte sur le lait d’un cheptel, deux cas se présentent : 1. On achète le lait pour une durée déterminée, tandis que le fourrage et le service restent à la charge du vendeur ; c’est alors une vente pure et simple. 2. On prend l’animal en dépôt, on assure soi-même son fourrage et son entretien, et le lait qu’il produit revient à l’acquéreur pendant toute la durée convenue ; il s’agit alors d’un bail (*ijâra*), exactement comparable à la garantie attachée à un verger ou au cas de la nourrice, car le lait se perçoit progressivement tandis que l’animal demeure. C’est comme louer un instrument d’irrigation afin d’arroser sa terre. L’imâm Mâlik a d’ailleurs énoncé explicitement la validité de la location d’un animal, pour une période déterminée, en vue de son lait. Parmi ses disciples, certains ont entériné cette conclusion conformément à son texte, d’autres l’ont interdite, et d’autres encore l’ont assortie de conditions qui restreignent indûment la portée de son propos et que son texte n’exige nullement. L’avis correct est l’autorisation, laquelle découle d’une analogie pure ; ceux qui la permettent sont donc plus en adéquation avec la preuve scripturaire que ceux qui l’interdisent. Allah seul accorde la réussite. » [Iʿlâm al-muwaqqiʿîn 2/22-34] (1) – Il a dit également : « Le Coran ne mentionne, dans notre législation, aucun bail explicite si ce n’est celui de la nourrice, dans la Parole du Très-Haut : « Si elles allaitent vos enfants, donnez-leur leurs gages et concertez-vous entre vous de manière convenable » (65:6)… »
(1) Ce passage figure dans la réponse déjà citée (p. 58) et dans « Al-Fatawa » (t. 20, p. 531-552), avec de nombreuses additions ici et quelques ajouts mineurs là.
المقتضي للجواز، بل هذا النوع من الأعيان الحادثة شيئا فشيئا أحق بالجواز، فإن الأجسام أكمل من صفاتها. وطرد هذا القياس: جواز إجارة الحيوان ــ غير الآدمي ــ لرضاعه، فإن الحاجة تدعو إليه، كما تدعو إليه في الظئر من الآدميين بطعامها وكسوتها، ويجوز استئجار الظئر من البهائم بعلفها، والماشية إذا عاوض على لبنها فهو نوعان: أحدهما: أن يشترى اللبن مدة، ويكون العلف والخدمة على البائع= فهذا بيع محض. والثاني: أن يسلمها، ويكون علفها وخدمتها عليه، ولبنها له مدة الإجارة= فهذا إجارة، وهو كضمان البستان سواء، وكالظئر، فإن اللبن يستوفى شيئًا فشيئًا مع بقاء الأصل، فهو كاستئجار العين، ليسقي بها أرضه، وقد نص مالك على جواز إجارة الحيوان مدة للبنه، ثم من أصحابه من جوز ذلك تبعا لنصه، ومنهم من منعه، ومنهم من شرط فيه شروطًا ضيقوا بها مورد النص ولم يدل عليها نصه. والصواب: الجواز، وهو موجب القياس المحض، فالمجوزون أسعد بالنص من المانعين، وبالله التوفيق) [إعلام الموقعين ٢/ ٢٢ - ٣٤] (١). - وقال أيضًا: (وليس في القرآن إجارة منصوص عليها في شريعتنا، إلا إجارة الظئر، بقوله تعالى: ﴿فَإِنْ أَرْضَعْنَ لَكُمْ فَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ وَأْتَمِرُوا بَيْنَكُمْ
(١) هذا النص ضمن الجواب الذي سبقت الإشارة إليه (ص ٥٨ - ٥٨)، وهو في «الفتاوى» (٢٠/ ٥٣١ - ٥٥٢) مع إضافات كثيرة هنا، ويسيرة هناك.