On dira peut-être : « La différence, c’est que le grain provient de sa propre semence, tandis que le fruit naît des arbres du bailleur. »
Nous répondrons : cette distinction n’a aucune valeur juridique ; le Législateur l’a expressément annulée dans les contrats de *musâqât* (partage des fruits du verger) et de *muzâraʿa* (partage des récoltes céréalières), qu’Il a mis sur un même pied. En *musâqât*, le travailleur perçoit une part des fruits issus du bien appartenant au propriétaire ; en *muzâraʿa*, le cultivateur reçoit une part de la récolte qui pousse sur la terre du propriétaire, même si la semence vient de lui-même, ainsi que l’attestent la Sunna authentique et le consensus explicite des Compagnons.
Si donc cette différence ne produit aucun effet dans la *musâqât* et la *muzâraʿa*, où le produit est partagé, elle en a encore moins dans un bail (*ijâra*) – a fortiori. La location de la terre, en effet, n’a pas suscité chez vous la controverse qui a entouré la *muzâraʿa* ; et puisque, selon vous, louer la terre est plus licite que pratiquer la *muzâraʿa*, louer les arbres est, à plus forte raison, plus licite encore que conclure une *musâqât* sur ces mêmes arbres. Tel est le raisonnement analogique pur, tel est l’agir des Compagnons et telle est l’utilité de la communauté. Qu’Allah accorde la réussite.
Ceux qui ont interdit et déclaré illicite cette opération n’y ont finalement consenti qu’au moyen d’un subterfuge invalide, tant au regard de la Sharîʿa que de la raison : ils louent au preneur la terre – qui ne l’intéresse nullement – puis l’associent aux arbres au titre d’une *musâqât* dérisoire, fixant sur mille parts une seule part dépourvue d’intention réelle, tout comme la location elle-même est dépourvue d’objet véritable. Ils ont ainsi érigé ce qui n’était pas voulu en fin recherchée, et rendu non visé ce qui l’était ! Ils se sont livrés, dans la *musâqât*, à une partialité manifeste, chose prohibée et nulle lorsqu’il s’agit d’un bien de waqf ou d’un verger administré pour le compte d’un orphelin, d’un prodigue ou d’un dément. Le favoritisme dont ils usent dans la location de la terre ne les autorise pas à favoriser de la sorte le preneur dans la *musâqât*, pas plus qu’il ne leur permet de subordonner l’un des deux contrats à l’autre ; chaque contrat possède son autonomie propre.
Où donc cela se situe-t-il par rapport à l’action et à la clairvoyance juridique du Commandeur des croyants ? Où est cette analogie face à la véritable analogie, ce fiqh face au fiqh authentique ? Entre les deux, quant à leur validité, s’étend la distance qui sépare l’Orient et l’Occident.
فإن قيل: الفرق أن الحب حصل من بذره، والثمر حصل من شجر المؤجر.
قيل: لا أثر لهذا الفرق في الشرع، بل قد ألغاه الشارع في المساقاة والمزارعة، فسوى بينهما، والمساقي يستحق جزءا من الثمرة الناشئة من أصل الملك، والمزارع يستحق جزءا من الزرع النابت في أرض المالك، وإن كان البذر منه، كما ثبت بالسنة الصحيحة الصريحة وإجماع الصحابة.
فإذا لم يؤثر هذا الفرق في المساقاة والمزارعة، التي يكون النماء فيها مشتركا لم يؤثر في الإجارة بطريق الأولى، لأن إجارة الأرض لم يختلف فيها كالاختلاف في المزارعة، فإذا كانت إجارتها عندكم أجوز من المزارعة فإجارة الشجر أولى بالجواز من المساقاة عليها، فهذا محض القياس، وعمل الصحابة، ومصلحة الأمة. وبالله التوفيق.
والذين منعوا ذلك وحرموه توصلوا إلى جوازه بالحيلة الباطلة شرعًا وعقلًا، فإنهم يؤجرونه الأرض، وليست مقصودة له البتة، ويساقونه على الشجر من ألف جزء، على جزء مساقاة غير مقصودة، وإجارة غير مقصودة، فجعلوا ما لم يقصد مقصودا، وما قصد غير مقصود! وحابوا في المساقاة أعظم محاباة، وذلك حرام باطل في الوقف وبستان المولى عليه من يتيم أو سفيه أو مجنون، ومحاباتهم إياه في إجارة الأرض لا تسوغ لهم محاباة المستأجر في المساقاة، ولا يسوغ اشتراط أحد العقدين في الآخر، بل كل عقد مستقل بحكمه، فأين هذا من فعل أمير المؤمنين وفقهه؟ وأين القياس من القياس؟ والفقه من الفقه؟ فبينهما في الصحة بعد ما بين المشرقين.