De même, la prise de possession (*qabd*) d’un bien corporel ou d’un usufruit s’assimile à la prise de possession d’une dette. Le Prophète ﷺ a autorisé la vente des fruits dès l’apparition des signes de maturité, alors même qu’ils doivent rester sur l’arbre jusqu’à complète maturation. Il n’a donc pas fait de la remise immédiate un effet nécessaire du contrat ; l’effet retenu est la remise usuelle, c’est-à-dire au terme de leur maturité. Dans cette permission entre également la vente de ce qui n’existe pas encore – un bien qui n’est pas encore créé – et la prise de possession d’un tel bien se compare à celle d’un bien loué : selon l’opinion la plus solide, il s’agit d’une possession qui autorise l’usage et la disposition, sans pour autant transférer la garantie. Ainsi, si le bien vendu périt avant la remise usuelle, la perte incombe au vendeur ; telle est la position des gens de Médine et des gens du hadith – les habitants de la cité prophétique et les tenants de sa Sunna. C’est aussi, de façon certaine, l’avis d’ash-Shâfiʿî. Il avait suspendu son jugement à l’authenticité du hadith, or celui-ci a été authentifié sans la moindre contestation par une voie autre que celle qui lui avait paru incertaine. Il n’est donc pas recevable de prétendre que son école refuse l’application de *waḍʿ al-jawâ’iḥ* (la répartition des pertes dues aux sinistres agricoles), puisqu’il a déclaré : « Si le hadith est authentique, j’en fais ma position ». La chaîne qu’il connaissait lui paraissait douteuse ; la chaîne irréprochable ne lui était simplement pas parvenue. L’adversaire ne dispose d’aucune preuve scripturaire permettant d’affirmer que toute prise de possession qui autorise la disposition transfère ipso facto la garantie, et que, inversement, ce qui ne permet pas la disposition ne la transfère pas. La prise de possession d’un bien loué permet la disposition sans transférer la garantie, tandis que la prise de possession d’un bien réservé à l’essai d’achat, emprunté ou usurpé entraîne la garantie tout en interdisant la disposition. Section Relève également de cette question la vente des champs de concombres, de pastèques ou d’aubergines. Ceux qui n’autorisent leur vente qu’au fur et à mesure de la cueillette avancent qu’il s’agit d’un bien inexistant, comparable à la vente des fruits avant leur apparition. Mais l’avis de ceux qui la permettent – les gens de Médine et certains disciples d’Aḥmad – est le plus correct, car il est impossible de les vendre autrement
والقبض في الأعيان والمنافع كالقبض في الدين، والنبي ﷺ جوز بيع الثمرة بعد بدو الصلاح مستحقة الإبقاء إلى كمال الصلاح، ولم يجعل موجب العقد القبض في الحال، بل القبض المعتاد عند انتهاء صلاحها، ودخل فيما أذن فيه: بيع ما هو معدوم لم يخلق بعد، وقبض ذلك بمنزلة قبض العين المؤجرة، وهو قبض يبيح التصرف في أصح القولين، وإن كان قبضًا لا يوجب انتقال الضمان، بل إذا تلف المبيع قبل قبضه المعتاد كان من ضمان البائع، كما هو مذهب أهل المدينة وأهل الحديث ــ أهل بلدته وأهل سنتَه. وهو مذهب الشافعي قطعا، فإنه علق القول به على صحة الحديث، وقد صح صحة لا ريب فيها، من غير الطريق التي توقف الشافعي فيها، فلا يسوغ أن يقال: مذهبه عدم وضع الجوائح، وقد قال: إن صح الحديث قلت به، ورواه من طريق توقف في صحتها، ولم تبلغه الطريق الأخرى التي لا علة لها، ولا مطعن فيها. وليس مع المنازع دليل شرعي يدل على أن كل قبض جوز التصرف ينقل الضمان، وما لم يجوز التصرف لا ينقل الضمان، فقبض العين المؤجرة يجوز التصرف، ولا ينقل الضمان، وقبض العين المستامة والمستعارة والمغصوبة يوجب الضمان، ولا يجوز التصرف. فصل ومن هذا الباب: بيع المقاثي والمباطخ والباذنجان، فمن منع بيعه إلا لقطة لقطة، قال: لأنه معدوم، فهو كبيع الثمرة قبل ظهورها، ومن جوّزه كأهل المدينة وبعض أصحاب أحمد، فقولهم أصح، فإنه لا يمكن بيعها إلا