le *gharar* (l’aléa), c’est-à-dire tout bien dont la livraison effective est impossible, qu’il existe déjà ou non, comme la vente d’un esclave fugitif ou d’un chameau échappé – bien qu’ils soient matériellement présents. En effet, l’effet même de la vente est la remise du bien vendu ; si le vendeur se trouve incapable de le livrer, la transaction relève du *gharar*, du risque et du jeu de hasard, de sorte qu’elle ne se conclut qu’à prix réduit : si l’acheteur parvient à prendre possession du bien, il aura raflé la mise au détriment du vendeur ; dans le cas contraire, c’est le vendeur qui aura gagné. Il en va de même pour le bien inexistant lorsque sa vente est frappée d’interdit en raison du *gharar* et non de son inexistence, par exemple quand quelqu’un cède les portées futures de telle esclave ou la récolte à venir de tel arbre : l’objet vendu n’est alors connu ni dans son existence, ni dans sa quantité, ni dans sa qualité. Cette opération relève du *maysir* (jeu de hasard) qu’Allah et Son Messager ont prohibé.
Il en est de même, dans le contrat d’*ijâra* (location), lorsque quelqu’un loue une monture qu’il ne peut pas remettre, qu’elle existe ou non ; dans le *nikâḥ* (mariage) aussi, s’il marie un esclave-femme qui ne lui appartient pas ou une fille qui n’est pas encore née ; et, de manière générale, dans tous les contrats onéreux. Il en va autrement du legs (*waṣiyya*), qui constitue une pure libéralité : aucun *gharar* ne l’affecte qu’il porte sur l’existant ou l’inexistant, sur ce qu’il est possible ou non de livrer ; il en est de même pour la donation (*hiba*), où l’on ne trouve aucun inconvénient de ce genre. Il est d’ailleurs authentiquement rapporté que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — fit don d’une quote-part indéterminée : à l’homme qui avait pris une touffe de laine parmi le butin et lui demandait de la lui offrir, il répondit : « Quant à la part qui m’appartient à moi et aux Banû ‘Abd al-Muṭṭalib, elle est à toi. »
Deuxièmement, nous dirons que la Loi a, dans certains cas, validé la vente d’un bien inexistant : elle a permis la vente des fruits dès que leur maturité devient apparente et celle des grains une fois durcis. Or il est manifeste que le contrat porte alors à la fois sur ce qui existe et sur ce qui n’est pas encore créé. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a interdit de les vendre avant l’apparition de la maturité, puis l’a autorisé après celle-ci. Il est également établi que, si l’on achète ces fruits avant leur maturité à condition de les cueillir immédiatement, comme des raisins encore verts, la transaction est licite ; il n’a donc proscrit la vente que lorsque l’intention est de laisser le fruit jusqu’à maturité. Quant à celui qui permet leur vente aussi bien avant qu’après la maturité, à condition
الغرر، وهو ما لا يقدر على تسليمه، سواء كان موجودًا، أو معدومًا كبيع العبد الآبق، والبعير الشارد، وإن كان موجودا، إذ موجب البيع تسليم المبيع، فإذا كان البائع عاجزا عن تسليمه فهو غرر ومخاطرة وقمار، فإنه لا يباع إلا بوكس، فإن أمكن المشتري تسلمه كان قد قمر البائع، وإن لم يمكنه ذلك قمره البائع، وهكذا المعدوم الذي هو غرر نهي عنه للغرر لا للعدم، كما إذا باعه ما تحمل هذه الأمة أو هذه الشجرة= فالمبيع لا يعرف وجوده ولا قدره ولا صفته، وهذا من الميسر الذي حرمه الله ورسوله.
ونظير هذا في الإجارة أن يكريه دابة لا يقدر على تسليمها، سواء كانت موجودة أو معدومة، وكذلك في النكاح إذا زوجه أمة لا يملكها، أو ابنة لم تولد له، وكذلك سائر عقود المعاوضات، بخلاف الوصية فإنها تبرع محض، فلا غرر في تعلقها بالموجود والمعدوم، وما يقدر على تسليمه إليه، وما لا يقدر، وطرده الهبة، إذ لا محذور في ذلك فيها، وقد صح عن النبي ﷺ هبة المشاع المجهول، في قوله لصاحب كبة الشعر حين أخذها من المغنم، وسأله أن يهبها له، فقال: «أما ما كان لي ولبني عبد المطلب فهو لك».
الوجه الثاني: أن نقول: بل الشرع صحَّح بيع المعدوم في بعض المواضع، فإنه أجاز بيع الثمر بعد بدو صلاحه، والحب بعد اشتداده، ومعلوم أن العقد إنما ورد على الموجود والمعدوم الذي لم يخلق بعد، والنبي ﷺ نهى عن بيعه قبل بدو صلاحه، وأباحه بعد بدو الصلاح، ومعلوم أنه إذا اشتراه قبل الصلاح بشرط القطع كالحصرم: جاز، فإنما نهى عن بيعه إذا كان قصده التبقية إلى الصلاح، ومن جوَّز بيعه قبل الصلاح وبعده بشرط