matière de divinité et d’adoration. Toute innovation et toute doctrine pernicieuse touchant les religions prêchées par les messagers puise, en réalité, sa source dans une analogie viciée. Ainsi, si la jahmiyya a nié les attributs du Seigneur, Ses actes, Son exaltation au-dessus de la création, Son établissement sur le Trône, Sa parole et le fait qu’Il s’adresse à Ses serviteurs, ainsi que la vision de Sa Face dans l’au-delà, ce n’est qu’en raison d’un tel qiyâs corrompu. De même, si la qadariyya a contesté la portée universelle de Sa puissance et de Sa volonté, prétendant qu’il advient dans Son royaume ce qu’Il ne veut pas, ou qu’Il veut ce qui ne se réalisera pas, c’est encore par un raisonnement analogique défectueux. C’est ce même procédé qui a égaré les râfidites : ils ont fini par haïr l’élite de la création, à déclarer mécréants les Compagnons de Muhammad — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et à les injurier. Les zindiqs et les dahriyya, pour leur part, n’ont rejeté la résurrection des corps, la fente des cieux, l’enroulement du monde ni professé l’éternité de l’univers que sous l’effet de cette même analogie pervertie. Tout ce qui, dans l’ordre du monde, s’est corrompu ou a été ruiné l’a été à cause d’elle. Le premier péché commis contre Allah remonte à ce raisonnement ; c’est lui qui entraîna sur Adam et sa descendance, de la part de celui qui l’avança, tout le malheur qu’il a causé. En somme, la racine de tous les maux – ici-bas comme dans l’au-delà – se trouve dans cette analogie corrompue. Il s’agit là d’une sagesse que seul perçoit celui qui conjugue la connaissance de ce qui est nécessaire et de ce qui est advenu, et qui possède une véritable compréhension de la Loi révélée et du décret divin.
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Quant à la seconde prémisse, selon laquelle la vente d’un bien inexistant serait invalide, son examen se fait sous deux angles.
- Nous en récusons d’abord la validité même : ni dans le Livre d’Allah, ni dans la sunna du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, ni dans la parole d’un Compagnon, on ne trouve l’énoncé, sous une forme explicite ou implicite, que la vente de l’inexistant est interdite. La sunna ne fait que prohiber la vente de certains objets qui, effectivement, n’existent pas, tout comme elle interdit la vente de certains biens existants. L’absence ou la présence matérielle de la chose n’est donc pas, en soi, la cause de l’interdiction ; ce que la sunna rapporte, c’est la défense de vendre