On a répondu : si, par « contradire l’analogie », tu entends que le cas dérivé possède une particularité imposant une distinction d’avec le cas originel, alors toute règle fondée sur cette différence légitime n’est qu’un refus de l’analogie viciée. Mais si tu prétends que l’origine et le dérivé sont identiques quant à la cause efficiente comme à l’empêchement, tout en recevant pourtant deux statuts juridiques distincts, cela est absolument faux ; la Sharîʿa ne renferme pas un seul exemple de ce genre.
Chaque fois qu’une chose ressemble à une autre sous un aspect et s’en distingue sous un autre, la divergence de jugement motivée par ce facteur distinctif, tout en tenant compte du point commun, constitue le qiyâs correct — qu’il s’agisse de l’analogie directe ou inverse ; c’est l’égalité entre les semblables et la distinction entre les dissemblables. En revanche, attribuer un même jugement à deux éléments alors qu’ils diffèrent dans ce qui motive ou empêche le jugement, voilà l’analogie corrompue que la Révélation a constamment rejetée : ainsi a-t-elle invalidé l’assimilation de l’usure à la vente, de la bête morte à l’animal sacrifié, ou du Messie Jésus (que la paix soit sur lui) aux idoles, en soulignant la différence : il est un serviteur qu’Allah a honoré par la servitude et la mission prophétique ; comment donc le châtierait-Il pour qu’on L’adore en sa personne, alors qu’il l’a expressément interdit et n’en a jamais été satisfait ? Rien de tel pour les idoles.
Ainsi, celui qui affirme que la Sharîʿa va à l’encontre d’une analogie de ce genre dit vrai ; c’est là une preuve de sa perfection et de l’étendue de sa justice, de son utilité et de sa sagesse. Quant à qui assimile deux choses au seul motif qu’elles partagent un quelconque aspect, il devrait par la même logique égaliser toutes les créatures sous prétexte qu’elles participent à l’« existence » ! Il s’agit là d’une des plus graves erreurs, d’un qiyâs corrompu que les Anciens ont blâmé ; ils disaient : « Le premier à raisonner par analogie fut Iblîs ; ce n’est que par des analogies que le soleil et la lune ont été adorés. » C’est ce même raisonnement que les damnés reconnaîtront vain au cœur même de l’Enfer, lorsqu’ils diront : « Par Allah, nous étions certes dans un égarement manifeste (97) quand nous vous mettions à l’égal du Seigneur des mondes (98) » (S. ash-Shuʿarâʾ, 97-98). Allah a également blâmé ses adeptes en disant : « Puis ceux qui mécroient placent leur Seigneur sur le même plan que d’autres » (S. al-Anʿâm, 1), c’est-à-dire : ils Le comparent à autre que Lui, L’assimilent à un être créé en
قيل: إن أردت أن الفرع اختص بوصف يوجب الفرق بينه وبين الأصل فكل حكم استند إلى هذا الفرق الصحيح فهو على خلاف القياس الفاسد، وإن أردت أن الأصل والفرع استويا في المقتضى والمانع واختلف حكمهما= فهذا باطل قطعا، ليس في الشريعة منه مسألة واحدة، والشيء إذا شابه غيره في وصف وفارقه في وصف= كان اختلافهما في الحكم باعتبار الفارق مخالفا لاستوائهما باعتبار الجامع، وهذا هو القياس الصحيح، طردا وعكسا، وهو التسوية بين المتماثلين، والفرق بين المختلفين، وأما التسوية بينهما في الحكم، مع افتراقهما فيما يقتضي الحكم، أو يمنعه فهذا هو القياس الفاسد، الذي جاء الشرع دائما بإبطاله، كما أبطل قياس الربا على البيع، وقياس الميتة على المذكى، وقياس المسيح عيسى (رحمهم الله) على الأصنام، وبين الفارق بأنه عبد أنعم عليه بعبوديته ورسالته، فكيف يعذبه بعبادة غيره له، مع نهيه عن ذلك، وعدم رضاه به؟ بخلاف الأصنام.
فمن قال: إن الشريعة تأتي بخلاف القياس الذي هو من هذا الجنس= فقد أصاب، وهو من كمالها واشتمالها على العدل والمصلحة والحكمة، ومن سوى بين الشيئين لاشتراكهما في أمر من الأمور يلزمه أن يسوي بين كل موجودين لاشتراكهما في مسمى الوجود! وهذا من أعظم الغلط والقياس الفاسد، الذي ذمه السلف، وقالوا: أول من قاس إبليس، وما عبدت الشمس والقمر إلا بالمقاييس، وهو القياس الذي اعترف أهل النار في النار ببطلانه، حيث قالوا: ﴿تَاللَّهِ إِنْ كُنَّا لَفِي ضَلَالٍ مُبِينٍ (٩٧) إِذْ نُسَوِّيكُمْ بِرَبِّ الْعَالَمِينَ﴾ [الشعراء: ٩٧ ــ ٩٨]، وذم الله أهله بقوله: ﴿ثُمَّ الَّذِينَ كَفَرُوا بِرَبِّهِمْ يَعْدِلُونَ﴾ [الأنعام: ١] أي يقيسونه على غيره، ويسوون بينه وبين غيره في