de son existence ? Dans cette hypothèse, la cause se trouve donc restreinte à une inexistence particulière ; or tu n’as pas démontré que, dans le cas d’origine, la cause se réduise à la simple inexistence : ton analogie est donc viciée. Cette exigence de preuve suffit déjà à en montrer la faiblesse, mais exposons maintenant sa fausseté intrinsèque.
La cause que nous avons retenue est constante, tandis que la tienne est sujette à réfutation. Car si tu prends pour seule cause l’inexistence, on t’objectera l’ensemble des usufruits, ainsi qu’un grand nombre de biens corporels ; la cause que nous invoquons, elle, n’est pas sujette à pareille objection. De plus, l’analogie pure, les règles, les fondements et les finalités de la Sharîʿa attestent en faveur de notre cause : lorsqu’un bien connaît deux états – existence et inexistence –, le vendre alors qu’il n’existe pas expose à un aléa assimilable à un jeu de hasard. C’est précisément par cette raison que le Prophète ﷺ a interdit pareille vente lorsqu’il déclara : « Que penses-tu si Allah empêchait le fruit (de mûrir) ? Comment l’un de vous pourrait-il alors prendre le bien de son frère sans droit ? »
En revanche, ce qui ne présente qu’un seul état, et dont la préservation est, en général, assurée, ne fait l’objet ni d’une mise en péril ni d’un pari quand on le contracte ; et, quand bien même subsisterait-il un léger risque, la nécessité y pousse. Or l’un des principes de la Sharîʿa veut que, lorsque l’utilité et le préjudice se trouvent en concurrence, on privilégie ce qui l’emporte. L’interdiction du *gharar* (incertitude) n’a été édictée qu’en raison du tort qu’elle cause aux deux contractants, ou à l’un d’eux. Mais bannir la vente des choses dont les gens ont besoin leur causerait un dommage plus grave que celui du risque encouru ; on ne supprime donc pas un préjudice moindre en le remplaçant par un plus grand. Au contraire, la règle de la Sharîʿa est d’écarter le dommage le plus élevé en tolérant le moindre.
Ainsi, lorsque le Législateur a proscrit la *muzâbana* – en raison de l’usure ou du risque qu’elle comporte –, il l’a néanmoins autorisée dans le cas des *ʿarâyâ*, par nécessité, car le tort qu’eût entraîné son interdiction aurait été plus grave que celui de la *muzâbana*. De même, après avoir interdit la consommation de la bête morte en raison de l’impureté qu’elle véhicule, il l’a permise en situation de contrainte. Et lorsqu’il a proscrit de porter le regard sur une femme étrangère, il en a permis la part exigée par le besoin pour le prétendant, le commerçant, le témoin et le médecin.
Tu diras alors : « Tout cela contredit pourtant l’analogie. »
وجوده؟ وعلى هذا التقدير: فالعلة مقيدة بعدم خاص، وأنت لم تبين أن العلة في الأصل مجرد كونه معدوما، فقياسك فاسد، وهذا كاف في بيان فساده بالمطالبة، ونحن نبين بطلانه في نفسه، فنقول: ما ذكرناه علة مطردة، وما ذكرته علة منتقضة، فإنك إذا عللت بمجرد العدم، ورد عليك النقض بالمنافع كلها، وبكثير من الأعيان، وما عللنا به لا ينتقض، وأيضا فالقياس المحض وقواعد الشريعة وأصولها ومناسباتها= تشهد لهذه العلة، فإنه إذا كان له حال وجود وعدم كان في بيعه حال العدم مخاطرة وقمار، وبذلك علل النبي ﷺ المنع، حيث قال: «أرأيت إن منع الله الثمرة، فبم يأخذ أحدكم مال أخيه بغير حق؟ ! ».
وأما ما ليس له إلا حال واحد، والغالب فيه السلامة= فليس العقد عليه مخاطرة ولا قمارا، وإن كان فيه مخاطرة يسيرة فالحاجة داعية إليه، ومن أصول الشريعة: أنه إذا تعارضت المصلحة والمفسدة قدم أرجحهما، والغرر إنما نهي عنه لما فيه من الضرر بهما أو بأحدهما، وفي المنع مما يحتاجون إليه من البيع ضرر أعظم من ضرر المخاطرة، فلا يزيل أدنى الضررين بأعلاهما، بل قاعدة الشريعة ضد ذلك، وهو دفع أعلى الضررين باحتمال أدناهما، ولهذا لما نهاهم عن المزابنة لما فيها من ربا أو مخاطرة= أباحها لهم في العرايا للحاجة، لأن ضرر المنع من ذلك أشد من ضرر المزابنة، ولما حرم عليهم الميتة لما فيها من خبث التغذية أباحها لهم للضرورة، ولما حرم عليهم النظر إلى الأجنبية أباح منه ما تدعو إليه الحاجة للخاطب والمعامل والشاهد والطبيب.
فإن قلت: فهذا كله على خلاف القياس.