En somme, lorsqu’il affirme que l’ijâra (contrat de location) constitue une forme de bayʿ (vente), si par « vente » il entend la vente au sens technique restreint, son propos est infondé ; s’il vise la vente au sens large d’échange onéreux, il est exact.
Cependant, son autre assertion – à savoir que cette vente ne peut porter sur un bien inexistant – est elle-même dépourvue de fondement : en effet, le Législateur a autorisé les opérations d’échange, de manière générale, même lorsqu’elles concernent ce qui n’existe pas encore.
Si tu établis une analogie entre la vente des manâfiʿ (usufruits) et celle des aʿyân (biens corporels), tu recoures alors à un qiyâs gravement corrompu ; car l’usufruit ne peut, en aucune circonstance, faire l’objet d’un contrat tant qu’il est présent, contrairement aux biens matériels. La raison comme la Sharîʿa marquent nettement la différence : le Prophète ﷺ a ordonné de différer le contrat portant sur des biens corporels non encore créés jusqu’à ce qu’ils existent. Il a ainsi interdit le bayʿ as-sinîn (vente à terme sur plusieurs années), le ḥabl al-ḥabala (fœtus d’un fœtus), la vente des fruits avant la manifestation de leur maturité, du grain avant qu’il ne durcisse, ainsi que celle des malaqîḥ et des madâmin, et tout ce qui leur ressemble. Or une interdiction semblable est inconcevable pour l’usufruit, puisqu’il ne peut être vendu qu’à l’état d’inexistence.
Dès lors, deux situations se présentent :
1. Un bien qui peut faire l’objet d’un contrat aussi bien lorsqu’il existe que lorsqu’il n’existe pas encore ; à son propos, le Législateur a proscrit la vente avant existence, mais il a permis, en cas de nécessité, la vente de ce qui n’est pas encore là, pourvu que cela soit rattaché à un bien déjà présent ; hors nécessité, il ne l’a pas autorisée.
2. Un bien qui ne peut être l’objet d’un contrat qu’à l’état d’inexistence, tels les usufruits ; celui-là, le Législateur l’a permis et n’en a nullement interdit la conclusion.
Si tu répliques : « J’opère une analogie entre ces deux catégories et je prends pour cause juridique leur seul état d’inexistence », nous répondrons : voilà un qiyâs vicié, parce qu’il assimile des réalités dissemblables. Ta prétention selon laquelle l’unique cause serait l’inexistence même est sans preuve ; c’est une allégation infondée. Pourquoi ne pourrait-on pas plutôt considérer que la cause, dans le cas d’origine, réside dans le fait qu’il s’agit d’un bien inexistant dont la vente peut être différée jusqu’à un moment
والمقصود أن قوله: إن الإجارة نوع من البيع= إن أراد به البيع الخاص فباطل، وإن أراد به البيع العام فصحيح، ولكن قوله: إن هذا البيع لا يرد على معدوم= دعوى باطلة، فإن الشارع جوز المعاوضة العامة على المعدوم، فإن قستم بيع المنافع على بيع الأعيان= فهذا قياس في غاية الفساد، فإن المنافع لا يمكن أن يعقد عليها في حال وجودها البتة، بخلاف الأعيان، وقد فرق بينهما الحس والشرع، فإن النبي ﷺ أمر: أن يؤخر العقد على الأعيان التي لم تخلق إلى أن تخلق، كما نهى عن بيع السنين، وحبل الحبلة، والثمر قبل أن يبدو صلاحه، والحب حتى يشتد، ونهى عن الملاقيح والمضامين ونحو ذلك، وهذا يمتنع مثله في المنافع، فإنه لا يمكن أن تباع، إلا في حال عدمها، فههنا أمران:
أحدهما: يمكن إيراد العقد عليه في حال وجوده، وحال عدمه، فنهى الشارع عن بيعه حتى يوجد، وجوز منه بيع ما لم يوجد تبعا لما وجد إذا دعت الحاجة إليه، وبدون الحاجة لم يجوزه.
والثاني: ما لا يمكن إيراد العقد عليه، إلا في حال عدمه كالمنافع، فهذا جوز العقد عليه، ولم يمنع منه.
فإن قلت: أنا أقيس أحد النوعين على الآخر، وأجعل العلة مجرد كونه معدومًا.
قيل: هذا قياس فاسد، لأنه يتضمن التسوية بين المختلفين، وقولك: إن العلة مجرد كونه معدوما= دعوى بغير دليل، بل دعوى باطلة، فلم لا يجوز أن تكون العلة في الأصل كونه معدوما، يمكن تأخير بيعه إلى زمن